Les Américains appellent ça le Superbowl de la politique : le témoignage de l'ex-patron du FBI devant le Sénat ce jeudi est un événement d'envergure. Comme d'autres avant lui.

Etats-Unis : témoignage à hauts risques pour James Comey, ex-patron du FBI, devant le Sénat
Etats-Unis : témoignage à hauts risques pour James Comey, ex-patron du FBI, devant le Sénat © AFP / Zach Gibson / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / AFP

James Comey, l'ex patron du FBI limogé par Donald Trump en mai, témoigne devant le comité sur le renseignement du Sénat. Ce comité enquête sur une possible intervention de la Russie dans la campagne présidentielle américaine de 2016. Sénateurs républicains et démocrates vont mettre James Comey sur le grill. Avant lui, d'autres personnalités ont été confrontées à ce difficile exercice...

Hillary Clinton et l'attaque du consulat américain de Benghazi en 2013

L'attaque dans la ville libyenne avait tué quatre Américains, dont l'ambassadeur. Hillary Clinton était alors ministre des Affaires étrangères de Barack Obama. Lors de son témoignage qui a duré cinq heures et demi, elle a pris l'entière responsabilité des erreurs du département d'État qui ont mené à l'attaque et à la mort des quatre Américains.

La commission d'enquête a mis en cause des «failles récurrentes» et des «déficiences de leadership et de gestion au plus haut niveau» au sein du département d'État. Quatre employés ont été suspendus après cette enquête.

J'étais responsable de beaucoup de choses. Je n'étais pas responsable des demandes spécifiques et des mesures de sécurité.

Clinton témoignera de nouveau sur l'attaque de Benghazi cette fois-ci devant la Chambre des représentants en octobre 2015 alors qu'elle est candidate à la présidentielle. Au total, ses auditions auront duré onze heures.

Le patron de Goldman Sachs et la crise financière en 2010

Lloyd Blankfein a été entendu dans le cadre de l'enquête du Congrès qui aura duré deux ans pour déterminer les responsabilités dans l'effondrement de l'économie américaine de 2008 et dans la crise immobilière due aux subprimes. L'enquête s'est conclue par un rapport de 650 pages qui a détaillé les pratiques malsaines de Goldman Sachs, l'un des plus grands prêteurs immobiliers des Etats-Unis.

Oliver North et les ventes d'armes à l'Iran en 1987

Oliver North s'est retrouvé sur le devant de la scène médiatique en raison de sa participation dans l'affaire Iran–Contra, scandale politique sous Reagan.

North a été poussé à reconnaitre sa responsabilité partielle dans la vente d'armes à l'Iran via des intermédiaires, et dont l'argent obtenu a été versé aux Contras, l'opposition au Nicaragua.

John Dean et le Watergate en 1973

En 1973, le conseiller juridique de la Maison blanche John Dean témoigne devant le Sénat. Il confirme l'implication du président Richard Nixon dans la dissimulation des faits. En 1972, des cambrioleurs se sont introduits dans l'immeuble du parti démocrate pour dérober des documents. L'enquête du Washington post puis les auditions devant le Congrès révéleront l'implication du président qui a tenté d'étouffer l'affaire.

Le sénateur John McCarthy et la chasse au sorcières en 1954

Pendant la période appelée "la peur rouge", quand les Américains s'inquiétaient de l'étendue de la pensée communiste à travers le monde, le sénateur du Wisconsin Joseph McCarthy a exacerbé la peur de la population en affirmant que des centaines de communistes avaient infiltré le Département d'Etat.

Using his platform as chairman of the Senate Permanent Subcommittee on Investigations, McCarthy conducted several hearings hoping to purge the federal government of alleged Communists and Soviet spies.

McCarthy décida alors de reporter ses accusations sur l'Armée, affirmant là aussi qu'elle était infiltrée par de nombreux agents du KGB. Il mena alors des auditions devant le Congrès à ce sujet, mes ces auditions se retournèrent finalement contre lui. Le moment le plus marquant fut son altercation avec Joseph Welsh l'avocat de l'Armée le 9 juin 1954. McCarthy a accusé l'un des conseillers de Joseph Welsh d'entretenir des liens avec des agents communistes. McCarthy a continué ses accusations alors que tous ses arguments étaient démontés les uns après les autres. L'avocat de l'Armée s'est alors écrié :

Vous n'avez donc aucune décence !

Les témoignages ont porté un coup à la crédibilité de Mac Carthy et, après son audition, le Sénat votera la censure à son encontre.

►BONUS | Extraits de l'audition devant le Congrès de l'équipe de Selina Meyer dans la série télé Veep

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