Sur les quelque 2500 candidats qui se présentent ce samedi aux élections législatives afghanes, 417 sont des femmes. Outre la menace sécuritaire, elles doivent aussi se battre contre les conservatismes.

La nouvelle Constitution afghane veut favoriser la participation des femmes à la vie politique.
La nouvelle Constitution afghane veut favoriser la participation des femmes à la vie politique. © Radio France / Sonia Ghezali

Sur les affiches de campagne qui couvrent les murs de Mazar-e Sharif, dans le nord de l’Afghanistan, Najla Abidi pose, le regard franc, les cheveux couverts par un léger voile rose. À 30 ans, cette enseignante de droit brigue un siège au parlement afghan. "Les électeurs veulent voter pour moi parce que je suis la femme qui connaît la loi et que j’ai les compétences pour servir le peuple", assure-t-elle. Lima, l’une de ses élèves rentre d’une longue journée à coller des affiches dans la ville. "Elle colle tellement d’affiches pour moi que ses pieds sont dans un piteux état", dit Najla dans un éclat de rire. "Elle va de maison en maison distribuer mon programme et dire aux gens: votez pour Najla".

Mais les choses ne sont pas simples, dans une société patriarcale où la tradition veut que les femmes restent éloignées de la sphère publique. Sahar Soheila est directrice d’une école privée à Kaboul. Elle a reçu de nombreuses menaces mais n’a pas renoncé pour autant à sa candidature. "Bien sûr que c’est difficile pour les femmes, mais je n’ai pas peur. Si on ne bouge pas, on ne changera jamais les choses", soupire-t-elle. Comme la plupart des candidates, elle a néanmoins renoncé aux meetings et privilégie le porte-à-porte ainsi que les réseaux sociaux pour aller à la rencontre de ses électeurs.

Elles sont 417 femmes à se présenter cette année aux élections législatives. Soit 16% des candidats. C’est un record. Elles étaient 328 en 2005, 406 en 2010. De fait, la constitution adoptée en 2004, après la chute des talibans, veut favoriser la participation des femmes à la vie politique du pays. Sur les 249 sièges du Parlement, 68 leur sont réservés. 

"La participation des femmes au processus électoral est essentielle pour la crédibilité des élections", soulignait récemment dans un communiqué la Mission d'assistance des Nations unies en Afghanistan, tout en notant les risques personnels encourus quotidiennement par les candidates

Ils s’ajoutent à ceux qui planent sur chaque candidat, quelque soit son sexe. Dix, dont une femme, ont été tués depuis le début de la campagne électorale. Dans plusieurs communiqués, les talibans ont déclaré vouloir faire échouer le scrutin. 

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