La Maison-Blanche est affolée : les sorties récentes du président élu sur la Chine ou le Mexique pourraient durablement affecter la diplomatie américaine.

Donald Trump en une d'un journal chinois
Donald Trump en une d'un journal chinois © AFP / Greg Baker

Donald Trump est “aussi ignorant en diplomatie qu’un enfant” : cette analyse d’un journal chinois traduit bien le climat tendu qui règne entre le président élu et le pouvoir chinois depuis plusieurs jours, et en particulier depuis dimanche.

Et la Chine n’est pas la seule à se méfier de plus en plus de celui qui deviendra en janvier le 45e président : depuis son élection, Donald Trump a froissé les dirigeants de plusieurs pays, faisant craindre une modification radicale des relations diplomatiques à l’échelle internationale. D’un côté, le milliardaire froisse des pays alliés des États-Unis, de l’autre il semble se rapprocher de pays avec lesquels le pays avait des relations tendues jusqu’à présent.

Chine, Inde, Mexique : les meilleurs ennemis

La fin de la “Chine unique” ? C’est la sortie qui pourrait durablement entâcher les liens entre la Chine et les États-Unis. Début décembre, Donald Trump a eu la présidente taïwanaise Tsai Ing-wen au téléphone, avant de tweeter : “Il est intéressant de voir que les États-Unis vendent pour des milliards de dollars de matériel militaire à Taïwan, mais que je ne devrais pas accepter un appel de félicitations”.

Car depuis 1979, il n’y a aucune relation entre Taïwan et Washington : les États-Unis suivent la ligne de Pékin, qui revendique que le territoire dépend de son autorité. Un principe de “Chine unique” que Donald Trump a renié dimanche dans une interview à la chaîne de télévision Fox :

“Je ne vois pas pourquoi nous devons être liés à une politique d’une Chine unique, à moins que nous passions un accord avec la Chine pour obtenir d’autres choses, y compris sur le commerce”. (Donald Trump)

Lundi, la Chine s’est dite “gravement préoccupée” par ces déclarations. Le porte-parole du ministère des Affaires étrangères chinois, Geng Shuang, a déclaré que si Washington revenait sur le principe de la Chine unique, “il ne saurait plus être question de croissance saine et régulière des relations sino-américaines”.

Au Mexique, Trump devient la piñata à abattre : Avant son élection, Donald Trump n’a pas ménagé les Mexicains. Toute une partie de sa campagne a été focalisée sur la lutte contre l’immigration clandestine en provenance du Mexique, symbolisée par la construction d’un grand mur frontalier que le gouvernement mexicain paierait “à 100%”.

Des déclarations qui ne sont pas passées de l’autre côté de la frontière. Le 6 décembre dernier, lors d’un dîner de Noël, plusieurs sénateurs mexicains de gauche ont frappé une piñata (cette petite statue traditionnelle en papier remplie de bonbons, qui représente généralement un âne) à l’effigie du président élu.

La diplomatie britannique froissée : Fin novembre, Donald Trump a frôlé l’incident diplomatique avec la Grande-Bretagne, en affirmant (sur Twitter encore) souhaiter la nomination de l’eurosceptique Nigel Farage, ancien leader du parti populiste UKIP, ambassadeur du Royaume-Uni aux États-Unis.

Réponse cinglante de Londres : “Le poste n’est pas à prendre”. Pour le leader des sociaux-démocrates britanniques, “c’est une idée totalement stupide. Il n’y a pas plus de diplomatie dans mon petit doigt que chez Nigel Farage”.

Passant outre toute idée de protocole ou de convention, Donald Trump a également lancé une invitation pour le moins informelle à la nouvelle Première ministre Theresa May : “Si vous passez par les États-Unis, prévenez-moi !” lui a-t-il dit.

Philippines, Pakistan : les nouveaux amis

L’Inde ou le Pakistan ? Alors que les relations entre les États-Unis et le Pakistan sont tendues depuis plusieurs années, après que Barack Obama a appelé le pays à prendre ses responsabilités dans la lutte contre l’extrémisme, Donald Trump a dit du Premier ministre pakistanais Nawaz Sharif qu’il était un “mec super” et qu’il “aimerait beaucoup venir dans ce pays fantastique où vivent des gens fantastiques”. Une déclaration qui n’a pas manqué de faire tiquer l’Inde.

Quelles relations avec les Philippines ? Donald Trump s’est également entretenu avec le président philippin, Rodrigo Duterte. Problème : selon le chef d’État philippin, le président élu l’a félicité par téléphone pour sa “la bonne méthode” contre les dealers de drogue, c’est-à-dire une exécution sans procès.

Et second problème, encore un peu plus épineux : c’est ce même Rodrigo Duterte qui s’est fait remarquer il y a quelques mois, en traitant publiquement Barack Obama de “fils de pute” (avant de s’excuser quelques jours plus tard).

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