Dans un pickup hors d’âge, Rusty, 71 ans, et David, la soixantaine, patrouillent le long de la rivière Rio Grande, à la recherche des migrants venus du Mexique voisin ou d’Amérique centrale. "Je crois en ce que dit la Bible. La Bible dit que nous avons le droit de nous protéger. D'avoir un mur", dit David.

Dans un pick-up hors d’âge, Rusty, 71 ans patrouille le long de la rivière Rio Grande, à la recherche de ces migrants venus du Mexique voisin ou d’Amérique centrale
Dans un pick-up hors d’âge, Rusty, 71 ans patrouille le long de la rivière Rio Grande, à la recherche de ces migrants venus du Mexique voisin ou d’Amérique centrale © Radio France / Grégory Philipps

Au 20e jour de paralysie partielle de l’administration américaine, Donald Trump est attendu au Texas jeudi à la frontière mexicaine, où il défendra son projet de mur qui est au cœur de ce bras de fer entre la Maison Blanche et les démocrates. Trump veut 5,7 milliards de dollars pour construire son fameux mur, les démocrates refusent. Et les négociations sont au point mort. Le président américain va donc se rendre à la frontière, pour vanter une nouvelle fois ce mur qui était l’une de ses promesses de campagne. Dans ce Texas républicain, certains supporteurs de Trump se sont organisés en milices pour surveiller la frontière, prêter main forte aux "border patrol", et arrêter les migrants qui tentent d’entrer illégalement sur le territoire américain. Ils sont de farouches défenseurs du mur. Sur place, à Brownsville, Texas, le reportage de Grégory Philipps.

David, la soixantaine, patrouille le long de la rivière Rio Grande, à la recherche de ces migrants venus du Mexique voisin ou d’Amérique centrale.
David, la soixantaine, patrouille le long de la rivière Rio Grande, à la recherche de ces migrants venus du Mexique voisin ou d’Amérique centrale. © Radio France / Grégory Philips

Dans un pick-up hors d’âge, Rusty, 71 ans, et David, la soixantaine, patrouillent le long de la rivière Rio Grande,  à la recherche de ces migrants venus du Mexique voisin ou d’Amérique centrale. "Vous pouvez voir les traces de ceux qui sont passés par là en courant, montre Rusty. Ils arrivent du Mexique. Et le Mexique, mon ami, c'est juste de l'autre côté de la rivière ! A 65 mètres environ !"

Le Rio Grande est effectivement quelques mètres plus bas. Et David qui porte un treillis kaki jure que, la semaine dernière encore, il a surpris un groupe d’une dizaine d’hommes en train de traverser : "Ils utilisent des chambres à air ou des petits canots. Ou bien ils passent en nageant. Parmi eux, il y a certainement des criminels, ils ne sont pas tous innocents".

Le plus âgé des deux, Rusty est un officier de police à la retraite, et c’est sur sa propriété qu’il patrouille, en croisant parfois la voiture verte et blanche des gardes-frontières qui surveillent aussi l’endroit. Rusty a un chien de garde et deux fusils à l’avant de la voiture : "et je n'ai pas peur de les utiliser, si c'est nécessaire".

On est à Brownsville, Texas, à la frontière mexicaine, au bord du fleuve Rio Grande.
On est à Brownsville, Texas, à la frontière mexicaine, au bord du fleuve Rio Grande. © Radio France / Grégory Philipps

Les deux hommes ont voté Trump à la présidentielle et soutiennent le président dans son projet de mur. A leurs yeux, le shutdown importe peu. Les deux texans ne se sentent pas concernés. Pas concernés non plus par le jeu politique des démocrates. Et plus largement par tout ce qui se passe et se décide à Washington : "je vois d'un très mauvais œil l'attitude de tous ces gens de Washington, qui pensent que, nous sur la frontière, nous ne sommes pas assez importants pour être protégés. Et puis vous savez je crois en ce que dit la Bible. La Bible dit que nous avons le droit de nous protéger. D'avoir un mur". David ajoute : 

Si les démocrates sont capables de dépenser tellement d'argent pour des actions à l'étranger, ou je ne sais pas, pour l'avortement, alors ils ont le budget pour construire ce mur. Construisez-le. Un mur plus fort que celui-ci !"

Car ici à Brownsville, il y a déjà par endroit le long de la frontière une barrière en acier, construite sous l’administration Obama, mais pas assez haute, pas assez efficace aux yeux de ces deux hommes qui souhaitent voir plus de garde-frontières. Et qui veulent le mur que leur président Donald Trump leur a promis pendant la campagne présidentielle.

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