Depuis l'apparition du coronavirus, les projecteurs sont tournés vers la Chine et sa communauté française. Or, une histoire commune rassemble depuis 159 ans la France et la ville de Wuhan où a débuté l'épidémie. Cela explique pourquoi tant d'entreprises françaises s'y sont installées.

Résidents français de la ville chinoise de Wuhan en janvier 2020
Résidents français de la ville chinoise de Wuhan en janvier 2020 © AFP / Hector RETAMAL

C'est en 1861 qu'un lien unique va naitre entre la ville de Wuhan et la France. À l'époque, cette ville de 11 millions d'habitants, sixième ville la plus importante de Chine, n'est pas encore la mégapole d'aujourd'hui. Elle est alors composée de trois villes, dont celle d'Hankou qui longe le Yangzi Jiang, le plus longue fleuve du pays.

Hankou est alors choisi pour devenir une concession française. Une présence symbolique dans un premier temps, mais qui prendra toute sa force quelques années plus tard. À partir de 1896, la France s'y implantera véritablement. Elle y installera son administration avec la présence d'un consulat. Y seront également construits un hôtel municipal, une église, un commissariat ou encore une succursale de la Banque d'Indochine.  Pour la petite histoire, c'est l'écrivain et diplomate, Paul Claudel qui négociera en 1897 la construction de la ligne de chemin de fer entre Pékin et Hankou. 

Fin de la concession mais pas fin de la coopération

Il faudra attendre 1943 pour que prenne fin cette concession mais le lien entre Hankou et la France perdurera. On continuera d'y enseigner le français dans certaines écoles. Des milliers d'élèves chinois passent tous les ans dans les écoles et universités française. Entretemps, la ville de Hankou sera avalée par la ville de Wahun pour devenir l'un de ses quartiers. La France y maintiendra sa présence avec l'aide notamment du Général de Gaulle. Il s'agit à la fin des années 60 de faire de la ville un modèle de la coopération franco-chinoise.  Un consulat ouvrira ses portes en 1998 mais surtout, c'est là que viendront s'y installer nos entreprises, notamment dans le secteur de l'automobile.

Présence de Citroen, Peugeot, Renault, mais on peut y ajouter aussi la maison Sud-Ouest France qui utilisera son implantation pour promouvoir le vignoble Français.

Wuhan reste un "territoire" d'entreprises françaises

On estime à un millier le nombre de ressortissants français qui vivent aujourd'hui à Wuhan, sur les 30 000 recensés en Chine en 2020. Une présence liée aux entreprises françaises qui y sont implantées. Présent à Wuhan depuis 1990, le groupe PSA gère trois usines sur place et emploie 2000 personnes. Renault possède aussi une usine, avec là aussi 2000 salariés ainsi qu'une cinquantaine d'expatriés. Sans oublier, toujours dans l’automobile, les deux usines de l'équipementier automobile Valéo.

On pourrait ajouter à la liste les sociétés Delfingen, Suez ou encore Plastic Omnium. Enfin, on notera la présence sur place du groupe pharmaceutique Sanofi encore le groupe LVMH avec une  boutique de luxe Louis Vuitton basée dans les rues de Wuhan.

Wuhan et l'Essonne, un jumelage inédit

C'est un jumelage qui commence à durer : celui entre la ville de Wuhan et le département de l'Essonne. Il est né en 2007 avec une première signature, avant de se renforcer en 2012 avec cette fois, un réel protocole qui unit la ville chinoise et le département. Il se veut concret et s'étend aussi bien dans le monde de l'économie, que celui de la communication ou encore celui de la culture.  En 2011, l’Essonne a ouvert un bureau de représentation à Wuhan et les projets depuis ne cessent de prendre de l'ampleur. Le dernier plan d'actions court jusqu'en 2022.

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