Le président américain Donald Trump est de plus en plus isolé à mesure qu'il communique sur les violences de Charlottesville, en Virginie.

À force de tergiverser sur les événements de Charlottesville, Donald Trump se retrouve de plus en plus isolé.
À force de tergiverser sur les événements de Charlottesville, Donald Trump se retrouve de plus en plus isolé. © AFP / Jim Watson

Les dernières déclarations de Donald Trump ont engendré nombre de critiques, par le grand public mais aussi au sein de son administration. En renvoyant dos à dos les extrémistes de droite et les contre-manifestants, le président américain suscite un profond malaise, y compris au sein des républicains et des conservateurs.

La mort d'une jeune femme de 32 ans à Charlottesville, renversée par la voiture d'un suprémaciste qui avait foncé dans la foule samedi, met Donald Trump en difficulté en raison de la lenteur de sa réaction et des propos mesurés qu'il a tenus, refusant tout d'abord de condamner spécifiquement les mouvements d'extrême-droite.

Parmi les réactions à cette prise de position présidentielle, plusieurs dirigeants de grandes entreprises américaines ont tour à tour annoncé leur départ des comités consultatifs mis en place pour conseiller la Maison blanche en matière de politique économique et industrielle. Donald Trump a ensuite décidé de dissoudre ces instances. Le fait que de grands patrons tournent ainsi collectivement le dos à Donald Trump a fait naître la rumeur selon laquelle Gary Cohn, principal conseiller économique du président et relais essentiel de la Maison blanche auprès des milieux d'affaires, pourrait bien démissionner à son tour en signe de protestation.

Face à un chef de l'État jugé incontrôlable, de nombreux collaborateurs se demandent s'ils ne courent par le risque d'entacher définitivement leur réputation en restant aux côtés de Donald Trump.

L'agence Reuters rapporte ainsi les questionnements d'un haut responsable, qui envisage de mettre un terme à sa collaboration avec le président américain, novice en politique avant son arrivée au pouvoir : "Beaucoup d'entre nous avons rejoint cette administration en pensant que nous pourrions lui apporter l'expérience et l'expertise que le président n'avait pas eu l'opportunité d'acquérir durant sa carrière dans les affaires, et promouvoir une certaine retenue dans son expression publique et vis-à-vis de nos alliés".

Donald Trump renvoie la faute sur les médias "fake news"

Le président américain Donald Trump a estimé jeudi que ses déclarations après les violences de Charlottesville, au cours desquelles une femme a été tuée samedi, avaient été "déformées" par les médias.

"Le public apprend (encore davantage) combien les médias Fake News sont malhonnêtes. Ils ont totalement déformé ce que j'ai dit sur la haine, le sectarisme, etc. Honte!", a-t-il tweeté au petit matin.

Donald Trump s'en est également pris jeudi au sénateur Lindsey Graham, figure conservatrice qui a pour habitude de ne pas mâcher ses mots envers le président et qui l'a vigoureusement critiqué pour sa prise de position après ces incidents en Virginie (est). Le sénateur de Caroline du Sud a considéré que Donald Trump avait "effectué un pas en arrière" mardi "en suggérant de nouveau qu'il existe une équivalence morale entre les néo-nazis suprémacistes blancs et les membres du KKK ayant participé à la manifestation de Charlottesville" et les personnes comme Heyer.

"Lindsey Graham en quête de publicité a faussement indiqué que j'ai dit qu'il y avait une équivalence morale entre le KKK, les néo-nazis et les suprémacistes blancs et les gens comme (Heather) Heyer", la femme de 32 ans mortellement renversée samedi, a relevé M. Trump. "Un mensonge tellement dégoûtant".

Et comme si ça ne suffisait pas, le président américain a repris son téléphone quelques minutes après et a jugé utile de produite trois tweets pour regretter que plusieurs Etats déboulonnent les statues et monuments à la mémoire des généraux confédérés pro-esclavagistes pendant la guerre de Sécession. C'est le cas notamment de la Floride, du Kentucky, du Maryland, de la Caroline du Nord, du Tennessee et du Texas : "Triste de voir l'histoire et la culture de notre grand pays être mise en pièce avec le retrait de nos belles statues et monuments. On ne peut pas changer l'histoire, mais on peut en tirer des leçons", écrit le chef de la Maison blanche.

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