L'entrée en vigueur, il y a un an, de la loi autorisant tous les couples chinois à avoir deux enfants a créé un mini baby-boom, avec un million de naissances supplémentaires

 La loi, entrée en vigueur le 1er janvier 2016 qui autorise tous les couples chinois à avoir deux enfants, a créé un mini baby-boom en Chine
La loi, entrée en vigueur le 1er janvier 2016 qui autorise tous les couples chinois à avoir deux enfants, a créé un mini baby-boom en Chine © AFP / Greg Baker

En 2016, la Chine a enregistré 17,5 millions de naissances contre 16,55 millions en 2015, soit une hausse de 5,7%, selon des chiffres de la Commission nationale de la santé et du planning familial chinois, après un repli des naissances en 2015.

Confrontée au vieillissement de sa population et à l'augmentation du ratio de garçons par rapport aux filles, la Chine a du renoncer à sa politique de l'enfant unique mise en place à la fin des années 1970. Une naissance non planifiée, que l’on appelle en Chine un "enfant noir", peut coûter quatorze fois le revenu annuel à ses parents pour l’inscrire à l’état civil et le scolariser.

Première évolution en 2013 : on autorise les les couples dont l'un des membres est enfant unique à avoir un deuxième enfant. Possibilité offerte à l'ensemble des couples depuis le 1er janvier 2016 et annoncée deux mois plus tôt. Certains parents ont immédiatement mis en route un second enfant et les autorités chinoises estiment que ces bébés correspondent à 40% des naissances enregistrées en 2016.

A Shanghai, QIAO Jia, 31 ans va donner naissance à son deuxième enfant dans quelques jours. Angélique Forget l'a rencontrée

Le taux de fécondité en Chine
Le taux de fécondité en Chine © Radio France

Augmenter le nombre d'enfants ne sera peut-être pas si simple

Selon une enquête de la Fédération des femmes publiée en décembre, 53% des familles ayant déjà un enfant ne veulent pas en avoir un deuxième. En ville, les couples conçoivent des enfants après l’âge de trente ans à cause des dépenses qu’il suppose. Plus globalement, le coût de la vie est un puissant argument de dissuasion. Il augmente continuellement, à cause d'une urbanisation incessante de la population et d'un ralentissement de la croissance. C’est ce qu'explique Xuejin ZUO, sociologue à l’académie des sciences sociales de Shanghai : "si vous voulez faire bondir la fertilité, vous pouvez certes l’encourager d’un point de vue politique, mais les conditions sociales et économiques ne sont pas remplies : par exemple l’éducation coûte très cher, le logement aussi, et la concurrence sur le marché du travail est très rude pour les jeunes couples. Il y a plein de facteurs qui ne favorisent pas un rebond de la natalité".

De plus, les démographes font remarquer qu'une partie du baby-boom observé en 2016 pourrait s'expliquer en partie par l'année du Singe, signe supposé de bon augure, d'autant que la poussée des naissances est intervenue principalement au premier semestre.

En tout cas ces naissances font l'aubaine des cliniques où les femmes, qui peuvent se le permettre, vont se reposer après leur accouchement, des nounous, ainsi que des fabricants de vêtements pour enfant.

La Chine comptait officiellement 1,37 milliard d'habitants fin 2015, une année qui avait enregistré une chute de 320.000 du nombre des naissances. Pékin espère une population de l'ordre de 1,42 milliard d'habitants en 2020 pour culminer aux alentours de 1,45 milliard d'habitants vers 2030 avant de commencer à diminuer.

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