C'est l'un des effets les plus visibles du réchauffement climatique : la fonte des glaciers dans les Alpes. Une nouvelle étude estime qu'elle est encore plus rapide que prévu.

Vue du Mont-Blanc
Vue du Mont-Blanc © Maxppp / Vincent Isore

Cette étude porte sur six glaciers alpins, en Allemagne, en Autriche et en France. Le glaciologue Christian Vincent voulait avoir une longue série de mesures afin d'évaluer l'évolution de la fonte sur un demi-siècle. Seuls ces six glaciers, situés entre 2.400 et 3.500 mètres, ont répondu aux critères.

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Pour tous, les chercheurs pensaient qu'entre 2003 et 2012, les glaciers avaient perdu 1,15m d'épaisseur de glace de plus par an par rapport aux trois décennies précédentes. Mais en fait, la perte annuelle s'avère être de 1,9m par an, soit 65 % de plus que ce que l'on croyait.

Pour arriver à ce résultat différent, il a fallu aller chercher de nouvelles mesures, pas enregistrées dans la bible mondiale de la glaciologie. Des relevés issus parfois de vieux carnets de terrain poussiéreux, remontant jusque 50 ans en arrière. De façon assez artisanale mais très précise, sur la langue des glaciers, la partie avale, des piquets sont plantés jusqu'à 12 m de profondeur. La fonte annuelle est mesurée à l'aune du morceau de piquet qui ressort. C'est très précis, plus que la mesure de surface, d'étendue donnée par les satellites et à partir de laquelle est habituellement calculée la masse glaciaire.

À ce rythme, certains glaciers alpins auront totalement disparu d'ici la fin du siècle.

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Disparition d'une partie des stations de ski ?

Une étude publiée jeudi dans la revue "The Cryosphere" s'inquiète d'un autre phénomène alarmant sur les décennies à venir : la diminution du manteau neigeux recouvrant les Alpes. Il pourrait diminuer de 30 %, et encore, il s'agit de l'hypothèse la plus optimiste, celle où la hausse de la température mondiale est limitée à 2°C, comme le prévoit l'accord de Paris.

Dans l'hypothèse pessimiste, si les émissions de gaz à effet de serre ne diminuent pas, l'épaisseur et l'étendue de ce manteau pourrait se réduire encore plus, jusqu'à 70 % en moins. Seules les stations de ski situées au-dessus de 2.500 mètres auraient alors une vraie saison. Dans les zones en-dessous de 1.200 mètres, on prévoit même qu'il n'y aurait plus de neige en continu au sol, même en hiver. Cela concerne un quart des stations de ski des Alpes.

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