D'ici la fin du siècle, la mortalité dûe aux tempêtes, inondations ou canicules pourrait grimper de manière exponentielle.

Toursites cherchant de l'eau aux fontaines de Rome par tant de canicule et de sécheresse
Toursites cherchant de l'eau aux fontaines de Rome par tant de canicule et de sécheresse © AFP / ANDREAS SOLARO

Actuellement ces dérèglements provoquent environ 3.000 morts par an, essentiellement à cause du réchauffement climatique, selon une étude publiée samedi dans la revue The Lancet Planetary Health.

Environ deux Européens sur trois pourraient être exposés tous les ans à de telles catastrophes d'ici à 2100, contre 5% durant la période 1981-2010, écrivent les chercheurs du Centre commun de recherche de la Commission européenne, auteurs de cette étude. Ils pourraient mourir, être blessés, malades, perdre leur logement ou subir des effets indirects comme un stress après l'événement.

"Si le réchauffement climatique n'est pas contenu d'urgence et si des mesures d'adaptation appropriées ne sont pas prises, environ 350 millions d'Européens pourraient être exposés tous les ans à des phénomènes climatiques extrêmes dangereux d'ici à la fin du siècle", disent-ils.

Les étés seront meurtriers

Les scientifiques ont étudié les effet des sept catastrophes météorologiques les plus meurtrières: vagues de chaleur, vagues de froid, incendies, sécheresses, inondations fluviales et maritimes et tempêtes dans les 28 pays de l'Union européenne, plus la Suisse, la Norvège et l'Islande.

Ils ont par ailleurs analysé 2.300 catastrophes survenues durant la période 1981-2010 (type de catastrophe, pays, année, nombre de morts) pour évaluer la vulnérabilité des populations à chacun de ces phénomènes. Ils ont associé ces données à des projections concernant l'évolution du changement climatique, la croissance et les migrations des populations.

Les vagues de chaleur seront le phénomène le plus meurtrier, provoquant 99% des décès liés aux événements extrêmes, estiment les chercheurs. Le nombre de morts qu'elles entraînent pourrait "augmenter de manière exponentielle", grimpant de 2.700 à 151.500 par an (+5.400%).

Les morts dues aux inondations sur les côtes augmenteraient elles aussi de manière importante (+3.780%), atteignant 233 morts tous les ans à la fin du siècle contre six seulement en 1981-2010.

Les hausses sont moindres pour les incendies (+138%), les inondations fluviales (+54%), les tempêtes (+20%).

Du fait du réchauffement, le nombre de morts à cause des vagues de froid va baisser fortement, sans pour autant compenser ces hausses, soulignent les chercheurs.

Le réchauffement climatique en cause

L'augmentation du nombre de morts est due pour 90% au réchauffement climatique et 10% seulement à l'augmentation de la population, à l'urbanisation et aux migrations dans des zones exposées aux risques, estiment-ils.

L'Europe du sud sera probablement plus touchée que celle du nord, avec un nombre de morts grimpant à 700 par million de personnes tous les ans à la fin du siècle, contre 11 au début.

Les chercheurs ont pris en compte des émissions de gaz à effet de serre plaçant la planète sur la trajectoire d'une hausse de la température mondiale de 3°C d'ici à 2100 par rapport à 1990.

La communauté internationale s'est engagée en 2015, avec l'accord de Paris, à limiter le réchauffement à 2°C par rapport à son niveau de la période pré-industrielle.

L'étude n'envisage pas non plus d'amélioration des politiques menées pour réduire l'impact de ces phénomènes. De ce fait, les résultats "pourraient être surestimés", soulignent Jae Young Lee et Ho Kim, de l'Université nationale de Séoul, dans un commentaire sur l'étude.

Selon une étude parue mercredi dans la revue Science Advances, si rien n'est fait pour réduire les gaz à effet de serre, la chaleur humide extrême provoquée par le réchauffement risque de rendre une partie de l'Asie du Sud - où vit un cinquième de l'humanité - inhabitable d'ici à la fin du siècle.

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