Entré en politique il y a seulement quatre ans, Ivan Duque va devenir ce 7 août le plus jeune président (42 ans) de la Colombie depuis près de 150 ans. Ses idées, elles, ne sont pas nouvelles puisqu'il marque le retour de la droite dure au pouvoir.

Ivan Duque a été élu président de la République de Colombie avec 54% des voix au second tour contre 41,8% pour le candidat de gauche Gustavo Petro.
Ivan Duque a été élu président de la République de Colombie avec 54% des voix au second tour contre 41,8% pour le candidat de gauche Gustavo Petro. © AFP / John Vizcaino

Avec lui, la Colombie est à un tournant de son histoire politique, notamment dans la gestion du désarmement des guérillas. Il y a quatre ans pourtant, Ivan Duque était un inconnu du grand public. Le 20 juillet 2014, il réussit tout de même à se faire élire sénateur sur la liste de l'ancien président Alvaro Uribe (2002-2010). Après ce premier mandat, le 17 juin 2018, il est propulsé président de la République de Colombie. Son expérience est donc récente mais "il a la politique dans le sang depuis tout gosse" dit José Obdulio Gaviria, un des idéologues de l'uribisme, duquel Duque est le premier héritier.

Marionnette d'Uribe ?

Avocat diplômé en économie, Ivan Duque est le fils de l'ancien ministre des Mines et gouverneur de l'Antioquia, le libéral Ivan Duque Escobar. Parti faire ses études à l'université de Georgetown, il travaille ensuite pendant près de treize ans à la banque interaméricaine de développement, à Washington. C'est là, aux États-Unis, qu'il rencontre Alvaro Uribe qui deviendra par la suite son mentor. 

'Personne encore ne sait s'il a des critères propres ou s'il va obéir aux ordres' - Fabian Acuña, professeur de l'Université Javeriana.

Au sein de son parti, le Centre démocratique (CD), certains affirment que Duque doit tout à l'ancien président ; l'opposition lui reproche d'en être la "marionnette". La filiation est en tout cas évidente : secteur privé, valeurs traditionnelles et main de fer contre les guérillas font toujours recette huit ans après Uribe.

Un puritain sans cravate

Comme d'autres avant lui, Ivan Duque joue la carte du libéral décontracté et nouveau en politique. Il se montre la plupart du temps sans cravate et en jean, et les colombiens retiennent de lui sa loi sur la liberté d'entreprise et l'économie de l'innovation défendue au Congrès. Pourtant derrière cette image joviale, des secteurs de l'ultra-droite et des évangéliques l'appuient.  Il est contre le mariage homosexuel, l'euthanasie et la dépénalisation de la drogue. 

Une ligne dure avec les rebelles

Alors que son opposant à l'élection présidentielle était l'ancien guérillero Gustavo Petro, favorable à l'accord de paix signé en 2016 avec les Farc, Ivan Duque représentait lui cette moitié de la Colombie indignée par les concessions faites aux révolutionnaires. Il a donc promis de modifier cet accord et de durcir les négociations avec l'ELN, la dernière guérilla active dans le pays.

'(Nous voulons que) ceux qui ont commis des crimes contre l'Humanité reçoivent des sanctions proportionnelles, incompatibles avec la représentation politique" Ivan Duque

L'autre dossier brûlant sur son bureau concerne la crise vénézuélienne. Nicolas Maduro accuse la Colombie d'être derrière l'attentat dont il aurait été la cible samedi 4 juin. Avant cet épisode, Ivan Duque avait déjà promis de faire pression pour que le pays voisin "effectue une transition vers des élections libres", qualifiant le président vénézuélien de "dictateur" et de "génocidaire".

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