Le sort de cette adolescente palestinienne de 16 ans est à nouveau discuté ce lundi devant le tribunal militaire israélien près de Jérusalem. Elle est poursuivie pour avoir agressé un soldat israélien en décembre, et sous le coup de 12 chefs de poursuites.

Ahed Tamimi lors d'une audience début janvier 2018
Ahed Tamimi lors d'une audience début janvier 2018 © AFP / Ahmad Gharabli

Elle incarne désormais l’insoumission palestinienne, à un moment où les dirigeants ont perdu pied, sonnés par l’annonce de Donald Trump sur Jérusalem. Sa dernière action, contre des soldats, avait été filmée et est devenue virale sur Internet. Une vidéo diffusée à la fois par ses partisans et par ses opposants, chacun y ajoutant en commentaire sa version de l'histoire. Chacun tente d'utiliser la viralité des images à son profit : la version la plus vue sur YouTube aujourd'hui est d'ailleurs celle publiée par un universitaire américain conservateur.

La droite israélienne veut désormais mettre un coup d’arrêt aux actions de cette activiste précoce et déjà bien connue. Mais un mois après le début des poursuites, l’action des Israéliens semble avoir attisé les flammes au lieu de les étouffer.

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Jenna est une petite poupée de 11 ans aux yeux bleu-vert. Élevée au lait de l’occupation, qu’elle combat depuis quatre ans déjà dans son village, en diffusant les images et les vidéos des actions militaires, sur sa page Facebook. Elle est le miroir de Ahed Tamimi, devenue (dit-elle) très populaire depuis son arrestation chez les jeunes Palestiniens, qui la suivent sur Internet : "Maintenant, les enfants en savent plus sur elle, et beaucoup d'enfants sont plus conscients que l'occupation israélienne peut les arrêter à n'importe quel moment".

Dans son grand salon, le père de Ahed Tamimi prépare une interview avec une télévision norvégienne : Bassem Tamimi affirme avoir vu les médias du monde entier depuis un mois. Sa surface médiatique a explosé. Il considère que cette affaire est un succès pour le modèle de résistance non armée qu’il soutient depuis des années : "Tous les gens, des pays arabes comme du monde entier, voient comment l'enfant affronte cette armée si forte et si grande. Le visage de Ahed est plus efficace que leur arme nucléaire."

Le prix pourrait pourtant être élevé pour sa fille, âgée de 16 ans. Mais aussi pour l’État d’Israël, qui n’échappera pas aux critiques en cas de condamnation à une peine de prison.

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