À l'heure où la vie reprend dans les lieux publics, tour du monde du déconfinement. À New Delhi, les transports et les commerces ont repris mais pour certaines professions, c’est plus compliqué. C’est le cas des kinésithérapeutes et les ostéopathes, qui doivent suivre des mesures d’hygiènes draconiennes.

Saif Hassan Naqvi, kiné-ostéopathe de New Delhi doit désormais porter une combinaison intégrale de protection pour manipuler ses patients
Saif Hassan Naqvi, kiné-ostéopathe de New Delhi doit désormais porter une combinaison intégrale de protection pour manipuler ses patients © Radio France / Sébastien Farcis

En Inde, New Delhi a commencé doucement son déconfinement. La plupart des transports en commun fonctionnent à nouveau, ainsi que l’essentiel des commerces mais certaines professions sont bien plus exposées, telles que les kinésithérapeutes, qui doivent manipuler le corps de leur patient. Certains ont repris le travail, mais parfois habillé d’un équipement intégral et avec des mesures d’hygiène draconiennes. 

1- La préparation

Saif Hassan Naqvi, kiné-ostéopathe du sud de New Delhi, enfile chaque matin une combinaison intégrale de protection. Il y ajoute en plus des couvre-chaussures, une visière, des lunettes et un masque, ainsi que des gants. Entre chaque patient, il passe aussi 15 minutes à désinfecter toute la pièce avec du produit alcoolisé - depuis le sol où la personne a marché, jusqu’aux surfaces, aux poignets de porte et bien sûr, sa propre combinaison. Le Dr Naqvi change ensuite ses gants et la protection de la table de travail. Le prix de tout cet équipement a fortement augmenté dernièrement (jusqu’à cinq fois pour les gants), à cause de la hausse de la demande, et il dépense ainsi environ 20 euros par jour pour cet équipement. Une somme qu’il récupère en augmentant le tarif de ses consultations. 

La combinaison, de taille unique, est trop petite pour le Dr Naqvi, cela contraint ses mouvements
La combinaison, de taille unique, est trop petite pour le Dr Naqvi, cela contraint ses mouvements © Radio France / Sébastien Farcis

2- La consultation  

Le Dr Naqvi traite des hommes politiques et des joueurs de cricket de l’équipe nationale, comme ce patient, qui joue dans la formation des moins de 19 ans :

Tout le monde a peur dans cette situation. Mais il prend tellement de précautions que nous lui faisons confiance.

Cet ostéopathe a donc décidé de reprendre avant ses collègues, pour les besoins les plus urgents. Sa combinaison de protection, de taille unique, est cependant trop petite pour cet homme de près de deux mètres, et cela restreint ses mouvements. Il fait également très chaud à l’intérieur, et cela a été très difficile à soutenir pendant les premiers jours, surtout alors que ce musulman jeûnait pour le ramadan. Il a fallu s’habituer, mettre plus de climatisation et de ventilation. 

Au début, je m’écroulais de fatigue en fin de journée. Maintenant, je mets le ventilateur et la climatisation, cela aide. Le plus important, c’est que les gants soient assez fins pour que je sente bien les artères et les nerfs des patients.

Le Dr Naqvi reçoit ainsi cinq patients par jour, contre trente auparavant, mais cela lui permet de commencer à "apprendre à vivre avec le virus, et à ne pas rester apeuré chez soi".

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