Les manifestations se poursuivent quasiment chaque nuit dans la ville américaine. Sur place, l'action des policiers fédéraux, envoyés par Donald Trump, est décriée. Retour sur les étapes d'une contestation qui dure maintenant depuis presque deux mois.

Les manifestations se poursuivent à Portland, dans le sillage de la mort de George Floyd.
Les manifestations se poursuivent à Portland, dans le sillage de la mort de George Floyd. © AFP / Spencer Platt

#BlackLivesMatter. Depuis fin mai à Portland, ville du nord-ouest des États-Unis, des habitants protestent sans relâche, presque chaque nuit. Des manifestations contre les brutalités policières après la mort d'un quadragénaire noir, George Floyd, sous le genou d'un policier blanc. Les manifestants ne lâchent rien, Donald Trump a dépêché des agents fédéraux et sur place, des heurts se produisent régulièrement. Chronologie des événements à Portland, devenue en quasiment deux mois l'un des points chauds de la contestation aux États-Unis. 

29 mai : début des manifestations

Comme dans plusieurs grandes villes américaines, les manifestations débutent fin mai à Portland. Le vendredi 29 mai très précisément, relate le média The Oregonian, après la mort en début de semaine de George Floyd. Plusieurs centaines de personnes se rassemblent, et après des heures de manifestations paisibles, la nuit est plus agitée, avec des feux allumés et des actes de vandalisme. Aux alentours de 23h50, la police déclare l'état d'émeute et ferme la plupart des routes de Portland, en demandant aux manifestants de "partir immédiatement" ou d'y être "contraint par la force".

8 juin : la chef de la police démissionne

Les manifestations ne faiblissent pas. Jami Resch, la chef de la police de Portland, annonce alors qu'elle quitte son poste, après moins de six mois d'exercice, relaie USA Today. Elle a demandé à Chuck Lovell de prendre sa place, car il était selon elle "la personne appropriée au moment approprié". "Elle a estimé que c'était le bon moment pour elle de se retirer, et pour moi de m'imposer", commente son successeur.

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17 juin : une voiture fonce dans les manifestants, trois blessés

Alors que les manifestations se poursuivent presque chaque nuit à Portland, un incident a lieu le mercredi 17 juin : une voiture fonce sur la foule de manifestants, blessant trois personnes, et tente de prendre la fuite, relate un communiqué de la police. Le conducteur a été arrêté après qu'il a percuté une autre voiture, puis une barrière, indique CNN

27 juin : les footballeuses des Portland Thorns déposent un genou à terre 

Le geste est symbolique. En pleine période de contestation contre les brutalités policières, les joueuses des Portland Thorns, mais aussi leurs adversaires de North Carolina Courage, mettent un genou à terre lors de l'hymne national américain à l'occasion du Challenge Cup, qui marque le retour du football. Les joueuses sont vêtues de maillots sur lesquels est inscrit "Black Lives Matter", et observent une minute de silence.

"Nous nous sommes agenouillées aujourd'hui pour protester contre l'injustice raciale, la brutalité policière et le racisme systémique envers les Noirs et les gens de couleur en Amérique", expliquent les deux équipes dans une déclaration commune.

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Mi-juillet : Trump envoie les policiers fédéraux

C'est une décision controversée. Mi-juillet, alors que les manifestations continuent, le président Donald Trump décide d'envoyer des agents fédéraux sur place pour mettre un terme aux rassemblements organisés devant le tribunal de Portland. "Nous devons protéger les bâtiments fédéraux et notre population", écrit le président sur Twitter, fustigeant des dirigeants locaux "portés disparus" qui ont "perdu le contrôle sur des anarchistes et des agitateurs depuis des mois".

17 juillet : militants des droits humains et élus dénoncent l'arrestation sommaire de manifestants

Réaction immédiate de la part de militants des droits humains et d'élus américains, qui ont vivement dénoncé l'arrestation sommaire de manifestants, interpellés dans les rues de Portland et emmenés par des agents fédéraux circulant dans des véhicules banalisés. "Ce qui se passe en ce moment à Portland devrait inquiéter tout le monde aux États-Unis", a lancé Jann Carson, responsable de la puissante organisation de défense des droits civiques ACLU dans l'Oregon :  "Habituellement, lorsque vous voyez des gens dans des voitures non siglées prendre de force quelqu'un dans la rue, cela s'appelle un enlèvement."  

Des élus ont aussi déploré l'envoi d'agents fédéraux. La gouverneure démocrate de l'Oregon, Kate Brown, a ainsi critiqué sur Twitter l'intervention du gouvernement dans la ville : "Cette comédie politique du président Trump n'a rien à voir avec la sécurité publique."

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Le maire démocrate de Portland, Ted Wheeler, appelle aussi au départ des agents : "Nous avons des dizaines, si ce n'est des centaines d'agents fédéraux déployés dans notre ville" et ils contribuent à "gravement détériorer la situation", estime-t-il sur CNN.

Depuis le 20 juillet : un "Mur des Mamans"

Les mères de famille manifestent aussi à Portland. Tout est parti d'un message publié sur internet par une dénommée Bev Barnum, après l'arrestation d'un manifestant par des policiers fédéraux : "Ça disait quelque chose comme : je ne sais pas vous, mais moi je n'ai jamais manifesté", raconte-t-elle. Submergée ensuite de messages de mères convaincues par sa proposition, elle les a appelé à coordonner leurs tenues "comme si elles allaient à Target (célèbre supermarché américain, ndlr)", témoigne-t-elle au New-York Times : "je voulais que nous ayons l'air des mamans, car qui veut tirer sur une maman ? Personne."

Est alors formé le "Mur des Mamans", venues grossir les rangs des manifestants anti-racistes. Vêtues de jaune, elles descendent depuis toutes les nuits dans les rues de Portland, bras dessus- bras dessous. 

Le "Mur des mamans" à Portland
Le "Mur des mamans" à Portland © AFP / Zach Wilkinson

Le "Mur des Mamans" rejoint à Portland par un "Mur des Vétérans" après que l'un d'eux, Christopher J. David, a été frappé à coups de matraque et gazé par les policiers. Le vétéran avait confié vouloir seulement demander aux policiers s'ils estimaient que leurs actions violaient la Constitution.

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23 juillet : le maire de Portland aspergé de gaz lacrymogène

"Je ne vais pas mentir, ça pique, difficile de respirer. Et je peux vous le dire en toute honnêteté : je n'ai rien vu qui justifie cette utilisation de gaz lacrymogène". Les mots mercredi dernier de Ted Wheeler, le maire démocrate, après avoir été aspergé de gaz alors qu'il allait à la rencontre des manifestants dans sa ville. Du gaz lacrymogène lancé par les agents fédéraux, déployés par le président Donald Trump. Certains participants se sont par ailleurs moqués de Ted Weehler, en rappelant les usages passés de gaz lacrymogène par la police municipale : "Tu as intérêt d'être là toutes les nuits, Ted !", lance ainsi un manifestant sur une vidéo : 

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26 juillet : escalade des tensions, la charge de Trump contre les médias

Les tensions sont encore montées d'un cran dans la nuit de vendredi à samedi. Des manifestants ont tenté de mettre à terre une barrière devant le tribunal fédéral, a constaté une journaliste de l'AFP. Les forces de l'ordre ont répliqué avec d'abondants tirs de gaz lacrymogène et dispersé la foule. Dans de nombreuses vidéos publiées sur les réseaux sociaux, on voit les agents fédéraux envoyés par Donald Trump, en tenue paramilitaire et sans badge visible d'identification, utiliser des véhicules banalisés pour interpeller des manifestants.

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En parallèle, l'histoire de désamour entre Donald Trump et les médias américains, qu'il accuse régulièrement de relayer des fake news, continue. Mais même le traitement médiatique de la chaîne conservatrice Fox News sur les événements de Portland ne lui convient pas : "Les médias de masse, y compris Fox News, refusent de voir ce qui se passe VRAIMENT à Portland, Seattle, et à d'autres endroits. Ils veulent que les Américains croient qu'il s'agit de merveilleux manifestants, pas d'ANARCHISTES de la gauche radicale", a ainsi pesté le président américain avec l'emphase qu'on lui connaît. 

Jeudi dernier, le département américain de la Justice a de son côté annoncé qu'il allait enquêter sur le recours à la force des agents fédéraux contre des manifestants.

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