Dans un contexte marqué par la crise du coronavirus, Bernie Sanders a jeté l'éponge mercredi, laissant le champ libre à Joe Biden pour affronter Donald Trump en novembre.

Joe Biden représentera le camp démocrate lors de l'élection présidentielle de novembre aux États-Unis.
Joe Biden représentera le camp démocrate lors de l'élection présidentielle de novembre aux États-Unis. © AFP / Saul Loeb, Ronda Churchill

Pendant longtemps, ça a été LE récit à suspens qui tenait en haleine des millions d'Américains. Mais mercredi, la primaire démocrate a pris fin, dans un contexte très particulier de crise de coronavirus qui touche de plein fouet les États-Unis : c'est Joe Biden qui représentera le camp démocrate à l'élection présidentielle de novembre, après le retrait de Bernie Sanders, son seul rival encore en lice.

Dans la foulée, c'est confiné depuis le sous-sol de sa maison de l'État du Delaware que l'ancien vice-président de Barack Obama a pris la parole. Il a tendu la main aux supporters de Sanders, au terme d’une primaire difficile où les militants de la gauche du parti démocrate ont été très critiques à son égard : "Bernie a inspiré des millions de gens, avec une vision progressiste du pays. Il n’a pas seulement fait une bonne campagne : il a aussi créé un mouvement", a tenu à souligner Biden.

"Si nous nous rassemblons, nous vaincrons Donald Trump. Et lorsque nous le vaincrons, nous ne ferons pas seulement l'effort de reconstruire cette nation : nous la transformerons", a-t-il ajouté sur Twitter :

De son côté, en annonçant à ses partisans qu'il abandonnait la course, Bernie Sanders a salué en Joe Biden un "homme très respectable" et a affirmé qu'il travaillerait avec le candidat, bien plus centriste que lui, afin de faire avancer son programme résolument ancré à gauche. "Aujourd'hui je suspends ma campagne. Mais si la campagne s'achève, la lutte pour la justice continue" :

Un soutien affiché de Bernie Sanders, donc, mais pas forcément de ses électeurs. Ainsi, plusieurs organisations de jeunes progressistes ont envoyé une lettre ouverte à Joe Biden (accessible ici, en anglais), pour lui rappeler qu'il avait "été incapable de gagner les suffrages de la vaste majorité" des jeunes.

En outre, selon un sondage commandé fin mars par ABC News et le Washington Post, 15% des supporters de Sanders déclaraient qu'ils voteraient pour Donald Trump si Joe Biden était désigné comme le candidat démocrate.

Trump profite de son briefing coronavirus pour tacler Biden

Et qu'en est-il du troisième homme ? Mercredi, Donald Trump s'est exprimé depuis la Maison-Blanche pour son briefing quotidien sur la pandémie de coronavirus. Mais l'urgence de la crise sanitaire ne l'a pas empêché de s’en prendre à celui qu’il a rebaptisé Joe l’endormi ("Sleepy Joe"), avec des attaques pleines de sous-entendus : "Ça me surprend qu’Obama n’ait pas encore officiellement soutenu Sleepy Joe. À mon avis, il sait quelque chose que vous ne savez pas et que moi je sais : il sait que quelque chose cloche."

Une primaire démocrate bouleversée par la pandémie

La primaire démocrate s'achève donc après avoir été chamboulée par la crise du Covid-19, avec depuis mi-mars l'annulation des meetings, le report de primaires et des candidats renvoyés chez eux.  

C'est le 10 mars que la campagne bascule : Bernie Sanders et Joe Biden annulent au dernier moment leurs grands meetings de soirée électorale pour éviter la propagation du virus. À compter de cette date, les candidats n'ont pratiquement pas quitté leur domicile, faisant campagne sur internet. Sanders a concentré ses interventions sur les ravages sanitaires et économiques du Covid-19, en faisant à peine mention de l'investiture. Une quinzaine de primaires ont été reportées, et les résultats de celle du Wisconsin, organisée mardi, ne seront pas révélés avant la semaine prochaine. Des résultats qui, après le retrait de Bernie Sanders, ne sont de toute façon plus vraiment attendus.

La convention démocrate, qui doit officiellement investir Joe Biden, a quant à elle été repoussée de juillet à août, juste avant le rassemblement républicain. Pour l’instant les deux conventions sont maintenues, mais personne ne sait si elles pourront se dérouler dans des conditions normales.

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