Le président du Conseil italien plaide pour une répartition automatique des migrants et des sanctions financières contre les pays qui ne prendraient par leur part. Giuseppe Conte veut mettre immédiatement son gouvernement au travail sur la question migratoire pour faire oublier la propagande de Matteo Salvini.

Le nouveau gouvernement voudrait autoriser de nouveau les navires des ONG à accéder aux ports italiens.
Le nouveau gouvernement voudrait autoriser de nouveau les navires des ONG à accéder aux ports italiens. © AFP / Alessandro Serrano

La nouvelle alliance entre le Mouvement 5 étoiles et le Parti Démocrate doit d’abord faire oublier la politique de propagande de Matteo Salvini qui, pendant un an, n’a pas cessé de mettre au centre du débat politique national le thème de l’immigration. Celui qui était alors ministre de l’Intérieur a fait voter deux lois et a conduit une campagne électorale permanente sur les réseaux sociaux. 

Le nouveau gouvernement voudrait autoriser de nouveau les navires des ONG à accéder aux ports italiens et ainsi mettre fin aux "porti chiusi" ("ports fermés"), symbole de la politique italienne jusque-là. Cela permettrait d’éviter aux navires de secours des jours interminables en mer car il n’y aurait plus alors de négociations bateau par bateau. 

Mais pour accepter cela, le chef du gouvernement italien doit convaincre ses homologues européens de prendre leur part dans la répartition des migrants. Giuseppe Conte a plaidé pour une répartition automatique des migrants. Il a trouvé une oreille attentive auprès d’Ursula von der Leyen, la nouvelle présidente de la Commission européenne qui selon M. Conte a "une grande disponibilité pour trouver tout de suite un accord sur la redistribution des migrants sauvés en mer, même s’il n’est que provisoire".

"Possibles pénalités financières"

En revanche si les États ne jouent pas le jeu de la répartition, Giuseppe Conte veut obtenir des sanctions financières. Il vise les pays européens du groupe de Visegrad (Hongrie, Pologne, République Tchèque et Slovaquie). Car une majorité de pays se dit d'accord avec la proposition du président du Conseil italien, la France en premier lieu qui, avec l'Allemagne, accepterait d'accueillir 25% des migrants, selon le quotidien italien La Repubblica.

Le chef du Parti démocrate Nicola Zingaretti s'est dit satisfait de la proposition de Giuseppe Conte qui coche les 3 cases qu'il appelait de ses vœux. C'est même le signal positif qu'attendait le nouveau parti de gouvernement. L'Italie va donner une autre image de celle qu'elle donnait jusque là. Mais les démocrates réclament également une renégociation du règlement européen de Dublin qui confie actuellement aux seuls pays d'arrivée la charge du traitement des demandes d'asile. 

Un pacte à Lampedusa

L'ancien président du Conseil italien, le démocrate Enrico Letta publie lui une tribune dans La Repubblica dans laquelle il appelle à changer de politique migratoire et réclame un nouveau traité européen (Le Traité de Lampedusa qui serait signé sur l'île tout un symbole). Son idée est d’abandonner l’unanimité - impossible sur le dossier migratoire - afin de réformer le règlement de Dublin en créant un nouveau traité.

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