au moins 50 français dans l'avion d'air algérie disparu
au moins 50 français dans l'avion d'air algérie disparu © reuters

Après le crash du vol MH17 dans l'est de l'Ukraine (298 morts le 17 juillet dernier), des avions de ligne contournent les pays sous tension. Mais tous ne sont pas logés à la même enseigne. La réponse sera peut être internationale, alors qu'elle est aujourd'hui à l'appréciation de chaque pays et compagnie.

L'Irak, l'est de l'Ukraine, la Crimée, la Libye ou encore la Syrie. Ces pays représentent des zones de conflit que ne survolent plus Air France. Pour aller vers l'Asie, les avions de la compagnie empruntent désormais des trajectoires moins directes.

Les explications de Thomas Pontillon :

La conséquence immédiate est que les vols sont plus longs et plus gourmands en kérozène, rappelle le pilote de ligne Antoine Godier :

Puisque vous roulez plus longtemps vous allez consommer un peu plus. C'est à dire qu'effectivement sur un 777, il est chargé pour survoler l'Asie, vous allez consommer six à sept tonnes de carburant à l'heure donc si vous faites quinze minutes de détour, cela va vous faire une tonne et demi à deux tonnes de plus à emporter. Mais une fois de plus, en regard à la sécurité aérienne, cela n'a pas de prix.

Les services de renseignement américains avaient eu connaissance, avant le crash du MH17, d'informations selon lesquelles les séparatistes prorusses disposaient de batteries de missiles.

Des avions survolent toujours l'Irak

Mais toutes les compagnies aériennes, tous les pays, ne sont pas aussi prudents. British Airways, par exemple, continue de survoler l'Irak. Car il n'y a pas de véritable règlement concernant le survol des zones de conflit. Les Etats restent souverains de leur espace aérien.

Tony Tyler, directeur général de l'Association internationale du transport aérien (IATA) le reconnaït : le vol MH17 a peut-être pointé une défaillance dans le système" de la sécurité aérienne et il faut réagir dans l'intérêt des passagers :

Les avions civils sont des véhicules de paix et ne devraient jamais être la cible d'armes de guerre

L'OACI, l'organisation de l'aviation civile mondiale ou Eurocontrol son équivalent européen peuvent faire des recommandations, comme le pays d'où décolle l'avion. Mais au final, c'est bien la compagnie aérienne qui tranche. Cette absence de règles claires a été dénoncée il y a quelques jours par le directeur de Malaysia Airlines. Il appelle à une instance unique. Mais la question n'est pas si facile à trancher comme s'en sont rendus compte les participants d'une récente réunion internationale à Montréal, quelques jours après la catastrophe en Ukraine. L'organisation de l'aviation civile internationale dépendant des nations unies (OACI) a rappelé qu'elle n'avait pas vocation à prendre des mesures de restriction de vol. Elle peut simplement appeler leurs compagnies aériennes à la prudence. L'un des responsables Raymond Benjamin a ainsi résumé :

Nous devons plutôt mettre l'accent sur la responsabilité des Etats (...) nous ne pouvez pas les forcer.

Un groupe de travail devra formuler des propositions dans deux mois, pour être soumises au vote des Etats membres de l'OACI en février 2015. Le secrétaire général de l'OACI demande que le groupe de travail "soumette ses conclusions le plus vite possible" afin de prendre les mesures nécessaires pour donner à tous les transporteurs aériens un même niveau d'information sur les risques de survoler ou de desservir des aéroports dans des zones de conflit.

L'évolution du nombre de morts en avion
L'évolution du nombre de morts en avion © Idé
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