Depuis mardi, les forces arabo-kurdes syriennes, soutenues par les Etats-Unis ont lancé une offensive d’envergure pour récupérer la ville syrienne, Raqqa.

Un groupe de femmes arrive dans une zone contrôlée par les Forces démocratiques syriennes, non loin de Raqqa, un drapeau blanc à la main.
Un groupe de femmes arrive dans une zone contrôlée par les Forces démocratiques syriennes, non loin de Raqqa, un drapeau blanc à la main. © Reuters / Rodi Said

L’offensive était prévue depuis des mois. Mardi, les forces arabo-kurdes syriennes, soutenues au sol et dans les airs par les Etats-Unis, membres de la coalition internationale, ont commencé à investir la ville de Raqqa, située dans le nord de la Syrie. Leur objectif premier : chasser le groupe Etat Islamique du territoire, qui en a fait sa « capitale », au même titre que Mossoul, en Irak. Là-bas, l’offensive débutée en 2016 avec le même objectif suit son cours et entre dans sa phase finale.

Quelle est la situation actuelle ?

Raqqa a été la première ville capturée par les djihadistes du groupe Etat Islamique en janvier 2014. Ces derniers en ont fait leur fief, provoquant le déplacement de plusieurs milliers de civils. La ville est rapidement devenue le théâtre d’atrocités humaines : décapitations ou encore exécutions publiques.

Les Forces démocratiques syriennes, soutenues par les Etats-Unis, ont débuté leur offensive nommée « Colère de l’Euphrate » il y a sept mois, dans le but de libérer Raqqa de la tutelle du groupe Etat Islamique. Ces derniers se sont emparés de vastes régions autour de cette ville stratégique, tout en se focalisant sur leur entrée dans Raqqa. C’est mardi que les forces syriennes sont entrées pour la première fois dans la cité, précisément dans le quartier de Mechleb, entamant le point d’orgue de l’offensive anti-djihadistes. De violents combats ont éclaté entre les deux groupes. Plus d’une vingtaine de civils ont été tués depuis le début de semaine par les frappes de la coalition, selon par l’Observatoire syrien des droits de l’homme.

A Mossoul en Irak, l’offensive menée par les forces irakiennes a débuté en octobre 2016. Après des combats enragés en mai dernier, la libération de la ville aux mains du groupe Etat Islamique est proche, malgré des attaques récurrentes de la part de l’Etat Islamique. Les forces irakiennes ont d’ailleurs repris l’essentiel du nord de Mossoul, à l’exception de la vieille ville.

Quel bilan pour les civils ?

A Raqqa comme ailleurs en Syrie, la population vit depuis 2011, le début de la guerre, sous les bombardements quotidiens. La situation dramatique a engendré le déplacement de plusieurs milliers de Syriens. Selon les Nations unies, environ 300 000 personnes vivaient à Raqqa avant le début des conflits. Aujourd’hui, ils ne seraient plus que 160 000.

Le Bureau de coordination des affaires humanitaires de l’ONU a affirmé que plus de 100 000 personnes « pourraient se trouver piégées » durant l’assaut de forces syriennes.

A Mossoul, selon l’ONU, près de 200 000 civils se trouveraient encore dans certains secteurs contrôlés par les djihadistes.

Le conflit a lui aussi fait fuir des milliers d’Irakiens. Selon l’ONU, plus de 750 000 personnes ont quitté leur foyer depuis le début de l’offensive de Mossoul. Certains ont trouvé la mort bien avant de sortir de la ville. Le groupe Etat Islamique est accusé d’utiliser des civils comme boucliers humains et d’exécuter tous ceux qui tenteraient de fuir. Selon les Nations unies, 163 civils auraient été tués par les djihadistes le 1er juin.

Quel avenir pour Raqqa et Mossoul ?

Même si les deux offensives ne sont pas près de se terminer, l’espoir de voir Mossoul, en Irak et Raqqa, en Syrie « libres » est palpable. Pourtant, la reprise de Mossoul par les forces irakiennes ne marquera pas la fin de la guerre contre le groupe Etat Islamique dans le pays. Certains territoires dans la province de Kirkouk et dans l’ouest désertique sont encore aux mains du groupe.

A Raqqa, habitée aujourd’hui à 99% d’Arabes sunnites, se posera la question de la gouvernance. Au-delà des Forces démocratiques syriennes à majorité kurdes, la ville attise les convoitises de la Turquie et du régime syrien de Bachar al-Assad.

En avril, les Forces démocratiques syriennes ont annoncé la création d’un « conseil civil » une fois le groupe Etat Islamique chassé de Raqqa. Ce dernier aurait pour mission la gestion de la ville.

Raqqa et Mossoul : deux villes victimes du groupe EI
Raqqa et Mossoul : deux villes victimes du groupe EI
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.