Chaque vendredi, l'émission "Dans les griffes de la loi" interroge un djihadiste à une heure de grande écoute et diffuse avant cela les images parfois insoutenables des crimes qui lui sont attribués.

Chaque émission diffuse des images des crimes attribués à celui qui va être interrogé, menotté et vêtu d'une tunique orange ou jaune.
Chaque émission diffuse des images des crimes attribués à celui qui va être interrogé, menotté et vêtu d'une tunique orange ou jaune. © Capture d'écran d'un reportage de France 24

Dans les griffes de la justice (In the Grip of Justice), l'une des émissions les plus populaires de la télévision irakienne, commence par des images atroces. La chaîne France 24 a pu suivre le tournage d'un des numéros de ce show, où l'on montre des restes humains sur la banquette arrière d'une voiture après l'explosion d'une bombe dans une rue de Bagdad. A côté du véhicule, un homme mort est allongé sur le sol et un autre penché sur lui, anéanti par le chagrin.

L’émission se poursuit après ces images. L'équipe est toujours au même endroit mais le temps a passé. On assiste alors à une interview "confession" du djihadiste qui a commis l'attentat sur le lieu de son crime.

C'est le principe de cette émission, qui fête son 150e numéro :

Revenir  sur les lieux des attentats qui ont été commis en Irak ....avec le terroriste qui les a commis.

Ce programme est réalisé avec l'accord du gouvernement. D'ailleurs, les responsables d'In the Grip of Justice demandent au préalable l'autorisation des ministères de l'Intérieur, de la Justice et de la Sécurité nationale avant d'interviewer un djihadiste et de le conduire en combinaison jaune de prisonnier, menotté et sous très bonne escorte militaire et policière, sur les lieux de son crime.

A deux doigts du lynchage

Sur place, entouré de très nombreux policiers et militaires, le djihadiste explique sur un ton neutre et d'une voix atone les détails de l'attentat. Peu à peu, une foule se masse – des témoins, des riverains, des victimes parfois de l'attentat en question… – et, rapidement, la tension monte. On est à deux doigts du lynchage. 

Après la confession, l'exécution

On revient ensuite sur le plateau pour une sorte d'interview-vérité. Le présentateur Ahmad Hassan, qui mène le show tous les vendredis à une heure de grande écoute, n'a pas d'états d'âme, même s'il sait que la grande majorité des hommes qu'il a en face de lui seront exécutés.

Certains de ceux que j'ai interrogés ont été, depuis, exécutés. C'est l'affaire de la Justice, pas la mienne.

Ahmad Hassan précise également que les hommes qui participent à son émission sont libres de le faire, et que ses interviews sont "conformes aux droits de l'homme". Il estime de toute façon, face aux critiques des associations de défense des droits de l'homme, "qu'il vaut mieux s’intéresser aux droits des victimes qu'à ceux des terroristes". 

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