Le 30 mars dernier à Gaza, lors de la marche qui les réunit chaque année, 18 Palestiniens ont été tué par les balles de militaires israéliens. Pour la première fois, cette marche va se poursuivre plusieurs semaines et mettre en présence sur place des acteurs qui ont beaucoup changé ces dernières années.

Cette année, cette marche qui se voulait non violente, a été brutalement réprimée par l'armée israélienne.
Cette année, cette marche qui se voulait non violente, a été brutalement réprimée par l'armée israélienne. © AFP / Ali Jadallah / ANADOLU AGENCY

Cette marche s'appelle la "marche du retour". Habituellement, elle se déroule sur une journée, au cours de laquelle les Palestiniens commémorent le départ de 700.000 d'entre eux ayant du fuir le pays après la création d’Israël en 1948, et les différents conflits qui l'ont suivi. L'autorité palestinienne n'est jamais parvenue à obtenir que ces exilés palestiniens puissent revenir. Pourtant, une résolution de l'ONU définit clairement le droit au retour de ces réfugiés. 

Cette marche, qui se voulait non-violente, a été brutalement réprimée par l'armée israélienne. Cette année, alors que l'état israélien fête ses 70 ans le 15 mai, les Palestiniens souhaitent poursuivent la manifestation jusqu'à cette date. Sur cinq points différents, les manifestants se sont installés à la fois à proximité de la frontière et un peu plus loin, en posant des tentes. Ils veulent ainsi protester contre la situation des Palestiniens liée au blocus israélien, et ne comptent pas partir ni se démobiliser avant la fin de ces cinq semaines.

Mais les violences se poursuivent et le gouvernement comme l'armée israélienne ont prévenu, par le biais du ministre de la Défense, Avigdor Lieberman, que les Palestiniens qui s'approcheraient de la frontière mettraient "leur vie  en danger". Dans la nuit de mercredi à jeudi, un autre homme palestinien a d'ailleurs été tué par l'armée israélienne, comme les forces militaires l'ont annoncé. 

Le bras de fer entre les manifestants palestiniens et les Israéliens est lié au sort du million de personnes qui survivent dans la bande de Gaza. La situation économique et sanitaire est catastrophique depuis 2007 et la victoire aux élections du Hamas, considéré comme une organisation terroriste par le gouvernement israélien. 

Corruption du Hamas

Le Hamas, parti islamiste qui soutient ces manifestations dans les cinq points proches de la frontière israélienne, a immédiatement salué la mémoire des victimes des balles israéliennes. Depuis quelques mois, un accord de "réconciliation" doit être signé avec son frère ennemi, le Fatah, l'autre grand parti palestinien, sans aboutir. Le Hamas est censé donner les rênes de la bande de Gaza à l'autorité palestinienne, dirigée par le Fatah. Par ailleurs, le dirigeant du Hamas est accusé de corruption.

Crispation nationaliste en Israël 

Le sort des Gazaouis est non seulement le jouet de cette lutte fratricide pour le pouvoir mais surtout du blocus israélien. Avec l'arrivée au pouvoir d'une droite dure qui dirige Israël avec l'extrême-droite, Benjamin Netanyahou est depuis plusieurs mois sur la sellette dans des affaires de corruption. Au sein du Likoud, le parti de droite, de jeunes leaders veulent l'écarter. Même chose du côté des religieux, qui veulent aussi l'écarter du poste de Premier ministre. Aux dernières élections, les nationalistes israéliens ont encore fortement progressé dans les urnes.

Benjamin Netanyahou semble répondre à cette situation en menant une politique de plus en plus répressive envers les Palestiniens. À la suite de la mort des manifestants palestiniens, il a évoqué "l'éthique de l'armée israélienne", quand de nombreuses organisations de gauche ont vivement protesté contre les tirs de Tsahal.

Là-dessus, le déménagement prochain de l'ambassade américaine de Tel Aviv à Jérusalem, qui devrait avoir lieu le 16 mai, va mettre un peu plus d'huile sur le feu à une situation qui n'en avait guère besoin.  

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