Le pouvoir iranien tente de calmer les manifestants qui ont provoqué les plus importants mouvements de protestation qu'a connu l'Iran depuis 2009. Ce dimanche soir, le président iranien Hassan Rohani doit s'exprimer. D'ici là, l'accès aux réseaux sociaux a été limité pour empêcher de nouveaux rassemblements.

Ces manifestations sont les plus importantes qu'a connu l'Iran depuis 2009
Ces manifestations sont les plus importantes qu'a connu l'Iran depuis 2009 © AFP / STR

Après quatre jours de contestation qui ont abouti ce dimanche à la mort de deux manifestants, le président Hassan Rohani doit s'adresser dans la soirée soir aux Iraniens dans une allocation diffusée à la télévision, selon les informations de l'agence de presse iranienne Isna.

Ce discours, s'il n'est pas confirmé par le pouvoir, vise à calmer la crise politique qui menace le pays alors que l'Iran a limité l'accès aux réseaux sociaux, Instagram et Telegram en tête, pour rendre difficile l'organisation de nouvelles protestations.

Les manifestations ont éclaté jeudi à Machhad, la deuxième ville du pays avant de prendre de l'ampleur et de toucher de nombreuses autres cités vendredi et samedi. Mais dimanche en fin d'après-midi, les médias et les réseaux sociaux n'avaient rapporté aucune nouvelle manifestation antigouvernementale. 

Deux manifestants tués samedi

Et pour tenter de les empêcher, "les hauts responsables chargés de la sécurité ont décidé de bloquer provisoirement Telegram et Instagram", a affirmé le site de la télévision d'État. 

Les autorités accusent des groupes "contre-révolutionnaires" basés à l'étranger d'utiliser les réseaux sociaux, en particulier Telegram, pour appeler les gens à manifester et faire usage de cocktails Molotov et d'armes à feu.  

Samedi, deux manifestants ont été tués à Doroud (ouest), a dit un responsable local, Habibollah Khojastehpour, en assurant que les policiers n'avaient pas tiré sur les protestataires. "Notre objectif était de mettre fin pacifiquement aux protestations mais en raison de la présence de certains individus et groupes, deux personnes ont été tuées".

Les manifestants vont "payer le prix"

D'abord organisés pour protester contre la hausse des prix, les rassemblements ont pris un tour politique, fait rare en Iran, et des slogans visant les mollahs, le président Rohani ou le guide suprême de la Révolution, l'ayatollah Ali Khamenei, ont pu être entendus.  

Ces manifestations représentent un défi pour la police ou les gardiens de la Révolution, qui avaient supervisé la répression brutale du soulèvement de 2009, en raison de leurs motivations économiques et de l'absence de leader.

Elles sont aussi un casse-tête pour le gouvernement de Rohani, qui a été réélu en mai dernier sur la promesse de garantir la liberté d'expression et de réunion. Mais dimanche, l'Iran a averti les manifestants antigouvernementaux qu'ils allaient "payer le prix", loin de l'esprit d'ouverture du printemps dernier.

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