Ce n’est plus une escalade, mais un concours de menaces et de gestes belliqueux entre le président américain et le leader nord-coréen, qui pourrait faire tirer un nouveau missile.

Lors du défilé militaire du 15 avril dernier, un camion de la marine nord-coréenne porte le missile balistique lancé par le sous-marin Pukkuksong"
Lors du défilé militaire du 15 avril dernier, un camion de la marine nord-coréenne porte le missile balistique lancé par le sous-marin Pukkuksong" © Reuters / Damir Sagolj

Dans les épisodes précédents de ce qui semble devenu un feuilleton à base d'escalades et de menaces, Pyongyang rêve de construire un missile capable de porter le feu nucléaire sur le continent américain . La Corée du Nord a donc mené deux essais de missiles, rien que depuis le début du mois.

De son coté, le président américain Donald Trump conseille au dirigeant nord-coréen Kim Jong-Un de "bien se tenir" et promet de de "traiter" le "problème" du programme nucléaire nord-coréen alors que son vice-président Pence rend une visite très symbolique à la zone démilitarisée entre les deux Corée et déclare que "toutes les options sont sur la table", y compris l'option militaire.

Nouvel épisode : la Corée du Nord menace de couler un porte-avion américain

Le bâtiment à propulsion nucléaire américain USS Carl Vinson a entamé ce lundi un exercice militaire avec deux contre-torpilleurs japonais et s'approche des eaux entourant la péninsule coréenne. La Corée du Sud a d'ailleurs fait savoir qu'elle souhaitait participer à ces exercices communs.

Une démonstration de force, face à laquelle Pyongyang ne pouvait pas rester sans réaction. Alors que les rumeurs sur un possible sixième essai nucléaire nord-coréen se font insistantes, un site officiel nord-coréen a décrit l'arrivée imminente du porte-avion comme "un chantage militaire non déguisé" et a averti les États-Unis qu'ils seraient "rayés de la surface de la Terre" si Washington déclenchait une guerre sur la péninsule.

Pyongyang pourrait par ailleurs mener mardi un nouvel essai nucléaire ou balistique, pour marquer les 85 ans de son armée.

Trump demande de nouvelles sanctions

Le président américain se tourne maintenant vers le Conseil de sécurité de l'ONU. Lors d'une rencontre à la Maison Blanche en présence des ambassadeurs des pays membres du Conseil de sécurité, le président américain a déclaré que "le Conseil de sécurité doit être prêt à imposer de nouvelles sanctions plus fortes" à l'encontre de la Corée du Nord.

La Corée du Nord est un véritable problème mondial et c'est un problème que nous devons enfin résoudre

Donald Trump s'est également entretenu avec la chancelière allemande Angela Merkel. Lors d'un échange téléphonique, les deux dirigeants ont abordé "le défi urgent en termes de sécurité" que représente la Corée du Nord, selon le compte-rendu de la Maison Blanche.

Nouveau signe, du moins symbolique et inhabituel, d'un durcissement de la position de la Maison Blanche sur le sujet : l'ensemble des 100 sénateurs américains ont été conviés mercredi à la Maison Blanche pour une réunion d'information exceptionnelle sur la Corée du Nord, en présence des chefs militaires, du renseignement et de la diplomatie.

Pékin invité à calmer Kim Jong-Un

Xi Jinping, le président chinois et Donald Trump ont à nouveau confronté lundi, par téléphone, leurs positions respectives sur ce qu'il faut désormais appeler la "crise nord-Coréenne". Le président chinois a espéré que "toutes les parties fassent preuve de retenue et s'abstiennent de toute action de nature à aviver les tensions dans la péninsule". Pour Xi Jinping, ce conflit concerne principalement Washington et Pyongyang. Pour Donald Trump, Pékin est le principal soutien économique et diplomatique de la Corée du Nord, et peut donc convaincre Kim Jong-Un de faire baisser la tension.

Donald Trump s'est aussi entretenu, le même jour, avec le Premier ministre japonais Shinzo Abe qui semble apprécier la nouvelle fermeté américaine vis-à-vis de la Corée du Nord.

Et c’est là tout le paradoxe. Car c'est peut-être ce changement total de stratégie vis-à-vis de la Corée du Nord, ce passage d'un "laissez-faire" surveillé aux menaces, de la part d'un président que l'on sait maintenant être parfaitement imprévisible, qui obligera Pyongyang à se calmer enfin.

Pour peu - et c’est là tout le pari - que la Corée du Nord ne dispose pas, comme semblent le penser les États-Unis, de la puissance de feu dont elle menace ses voisins.

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