"Exterminations, esclavage, tortures"... Dans un rapport publié ce lundi, une Commission d'enquête des Nations Unies dénonce des violations multiples et répétées des Droits de l'Homme en Corée du Nord. Elle demande que les responsables soient jugés devant la Cour pénale internationale.

la corée du nord menace les états-unis
la corée du nord menace les états-unis © reuters
Ce sont 372 pages édifiantes que livrent les trois juristes nommés l'an passé par l'ONU pour enquêter sur la situation humanitaire en Corée du Nord. Ils n'ont pas pu se rendre sur place mais ont recueilli de nombreux récits de fugitifs et de témoins des atrocités commises par le régime de Pyongyang."Exterminations, meurtres, esclavage, tortures, emprisonnements, viols, avortements forcés et autres formes de violences sexuelles, persécutions pour des motifs d'ordre politique, religieux, racial ou sexiste, tranfsert forcé de populations, disparitions forcées de personnes et actes inhumains causant intentionnellement une famine prolongée": la liste des violations désormais avérées des Droits de l'Homme en Corée du Nord est longue. [Le rapport de la Commission d'enquête ](http://www.ohchr.org/Documents/HRBodies/HRCouncil/CoIDPRK/Report/A.HRC.25.CRP.1_ENG.doc)estime même se trouver face à des "crimes contre l'humanité". ### Des "atrocités innommables" dans les camps pour prisonniers politiques Le rapport insiste également largement sur les "atrocités innomables" réservées aux prisonniers politiques en Corée du Nord. Ils seraient entre 80 000 et 120 000 détenus dans quatre grands camps. Les autorités utiliseraient la famine de façon délibérée pour les punir. Selon la Commission, "des centaines de milliers de prisonniers politiques ont péri dans des camps pendant les 50 dernières années". **Pour [Pascal Dayez-Burgeon, directeur adjoint de l’Institut des Sciences de la Communication ](http://www.franceinter.fr/personne-pascal-dayez-burgeon)du CNRS et ancien diplomate en Corée ce sont "de véritables camps de concentrations"**
Le rapport estime que la Corée du Nord "affiche de nombreux attributs caractéristiques d'un Etat totalitaire". Le président de cette commission d'enquête, l'Australien Michael Kirby, a voulu alerter la communauté internationale, lors de la présentation de ce rapport à Genève : > A la fin de la Seconde guerre mondiale, tant de gens ont dit : nous ne savions pas. Maintenant, la communauté internationale sait. La Commission d'enquête demande ainsi que le Conseil de sécurité de l'ONU agisse. Elle veut une saisine de la Cour pénale internationale. Michael Kirby a chiffré à une centaine le nombre de personnes susceptibles d'être jugées responsables de ces crimes. Selon lui, le dirigeant nord coréen Kim Jong-Un a lui aussi sans doute "une grande part de responsabilité". Plusieurs pays ont réagi à cette demande et en premier lieu le voisin de Pyongyang, la Corée du Sud. Le ministère sud-coréen des Affaires étrangères espère, dans un communiqué, que ces révélations entraineront "une prise de conscience de la communauté internationale." Salué par les Etats-Unis, ce rapport a en revanche suscité des réticences à Pékin. La Chine, alliée de la Corée du Nord dit vouloir s'opposer à une quelconque procédure devant la Cour pénale internationale qui viserait à juger les responsables politiques de ces violations des Droits de l'Homme. **La conférence de presse de présentation du rapport au siège du Haut commissariat aux Droits de l'Homme des Nations Unies, à Genève**
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