Des chiffres et des courbes. Avec plus de 11.500 morts depuis le début de l'épidémie, l'Italie paye le plus lourd tribut de toute l'Europe face au Covid-19. Le pays devrait atteindre le pic dans les jours qui viennent... Ce qui marquerait aussi le début de la fin de l'épidémie.

Drapeaux européen, italien et municipal à Carpi, Italie, le 25 mars 2020
Drapeaux européen, italien et municipal à Carpi, Italie, le 25 mars 2020 © AFP / Emmanuele Ciancaglini / NurPhoto

L'Italie est le pays du monde qui connaît, pour l'instant, le plus de morts liées au coronavirus (pour peu que l'on considère les chiffres officiels chinois comme fiables, ce qui ne va pas de soi). Plus de 11.500 victimes au total, presque la moitié de tous les morts enregistrés sur le continent européen.

L'Italie est aussi le pays d'Europe que ses voisins regardent avec le plus de fébrilité : si elle atteint le pic du taux de mortalité, alors cela signifie mécaniquement que le reflux est proche. Or ce pic semble très proche. "Nous pouvons espérer atteindre le pic dans sept ou dix jours, puis, raisonnablement, une décrue de la contagion", explique ainsi le vice-ministre italien de la Santé Pierpaolo Sileri. Par définition, on ne saura qu'on a atteint le pic, le nombre maximum de morts, que lorsque ce nombre commencera à descendre.

Les chiffres semblent lui donner raison. Le nombre de morts quotidien a un peu diminué, après un record de 919 morts en une seule journée vendredi dernier (tout comme le nombre de nouveaux cas enregistrés, dont la tendance est à la baisse depuis une semaine).

Une baisse qui est directement liée aux mesures de confinement : trois semaines après leur mise en œuvre en Italie, elles commencent à produire des effets sur le nombre de cas enregistrés chaque jour. Selon l'OMS, la durée d'apparition des symptômes peut aller de un à 14 jours : les habitants qui ont appliqué le confinement depuis le début ne peuvent donc, a priori, plus devenir de nouveaux patients.

La France affiche des chiffres (un peu) plus rassurants que sa voisine

Le total du nombre de morts italiens reste étourdissant : 11.591 selon le comptage du 30 mars 2020. Par comparaison, à la même date, la France ne comptait "que" 3.024 morts du virus.

Attention toutefois, comparer cette évolution aux mêmes dates n'a pas vraiment de sens, puisque l'épidémie n'a pas démarré au même moment dans les deux pays. Pour être au plus proche de la réalité, il faut comparer les courbes en partant d'un point de repère, comme le dixième mort ou le centième cas recensé.

En Italie, le cap des 3.000 morts est arrivé à peu près au même moment de l'épidémie qu'en France, soit 23 jours après le cap du dixième mort. L'évolution du nombre de morts est donc, pour l'instant, plutôt similaire (même si la France reste en-dessous de sa voisine).

Mais l'évolution du nombre de cas est, elle, bien moins inquiétante dans l'Hexagone : si l'on compare les deux courbes en prenant comme point de départ le centième cas déclaré, on constate qu'au bout d'un mois, la France ne compte que les deux tiers des malades enregistrés en Italie.

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