C'est ce que proposent, dans une étude publiée par la revue Science, des chercheurs de la Harvard School of Public Health. Ils estiment qu'en l'état actuel du système de soins américain, et avec la menace de nouvelles vagues jusqu'en 2024, il faudra des périodes plus ou moins longues de distanciation sociale.

Les Américains appliquent la distanciation sociale pour éviter la propagation du coronavirus (ici à New York)
Les Américains appliquent la distanciation sociale pour éviter la propagation du coronavirus (ici à New York) © AFP / Cindy Ord/Getty Images

La distanciation sociale est l'une des mesures clés pour éviter la propagation du coronavirus... Et elle pourrait bien être tellement nécessaire que les Américains ne pourront plus s'en passer avant longtemps. C'est en tout cas ce qui ressort d'une étude venue de la prestigieuse université d'Harvard, qui conseille même de maintenir cette mesure, par périodes plus ou moins longues, jusqu'en 2022. Pas vraiment rassurant alors que le pays a déjà enregistré mardi le plus lourd bilan depuis le début de la pandémie (2.200 morts en une journée).

L'étude se base sur l'idée que le Covid-19 aura, comme d'autres coronavirus avant lui, des versions saisonnières, certes moins graves et moins intenses que la vague actuelle, mais bien présentes. Elle note que les deux précédents coronavirus ont eu des comportements similaires, et donc que cette nouvelle version devrait elle aussi avoir de nouveaux pics de moindre ampleur aux mêmes périodes.

"Des versions hivernales récurrentes vont probablement avoir lieu après la vague pandémique initiale", précisent les chercheurs, qui préconisent "une distanciation sociale ponctuelle jusqu'en 2022". Elle pourrait être active de 25 à 75 % du temps pendant l'hiver.

Une contrainte réduite sous certaines conditions

Toutefois, ce n'est pas forcément une fatalité, car d'autres critères peuvent améliorer l'efficacité de ces mesures (et donc les rendre nécessaires moins longtemps) : "L'élément clé pour le succès de la distanciation sociale, c'est si oui ou non les capacités en soins intensifs sont dépassées", assure l'étude. Autrement dit, si les hôpitaux peuvent accueillir beaucoup plus de malades graves, et que des traitements efficaces sont développés, le retour de l'épidémie imposera moins de contraintes.

Tout cela permettrait en effet de "rendre plus efficace la distanciation sociale intermittente, et d'accélérer l'acquisition d'une immunité collective". En attendant, la distanciation sociale par périodes plus ou moins longues resterait la meilleure arme pour freiner la propagation... Avec tout ce que cela implique comme conséquences économiques, sociales et éducatives.

Selon les chercheurs, l'élément clé pour déterminer la durée idéale de ces périodes, c'est d'en savoir le plus possible sur la durée de l'immunité de chacun au Covid-19, une fois guéri. Ils estiment donc qu'il est "urgent" de mener des études sérologiques sur la question. Ils préviennent aussi que même en cas de "disparition apparente" du virus, il faudra maintenir une surveillance attentive, car "une résurgence des contaminations sera sans doute possible jusqu'en 2024".

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