La Suède, la Finlande, la Norvège et le Danemark n’imposent pas à leur population de porter le masque pour limiter la propagation du coronavirus. Ces pays attendent "des preuves" de l’efficacité de cette protection.

Des habitants d'Helsinki profite du soleil sans porter de masque, le gouvernement ne l'impose pas
Des habitants d'Helsinki profite du soleil sans porter de masque, le gouvernement ne l'impose pas © AFP / Jussi Nukari / Lehtikuva

Ils font figure d'exception. Alors que le masque est obligatoire dans les lieux publics en France, et parfois dans la rue, certains pays n’en font pas autant. Plusieurs États nordiques refusent de demander à leur population de porter un masque. La Suède, la Norvège, le Danemark et la Finlande vivent dans un monde très différent du reste de la planète. Dans les rues, dans les supermarchés, dans les bus, personne ne porte de masque. Selon un sondage YouGov publié le 27 juillet, à peine 5 à 10 % des sondés de ces États portent un masque, contre 78 % en France, 88 % en Espagne et 77 % aux États-Unis. Les quatre pays nordiques attendent des "preuves" de l’efficacité du masque. Et beaucoup d’habitants disent que tant que le gouvernement ne l’impose pas, ils ne vont pas l’utiliser. 

Le masque "n’a pas de sens"

Au Danemark, l’épidémie a touché beaucoup moins de personnes qu’en France ou en Italie. 13 000 individus ont été infectées par le Covid-19 depuis mars et 613 sont morts. Sans complexe, en chemise d’été, le directeur de l’autorité danoise de la santé, Søren Brostrøm, explique à la télévision :

À l'heure actuelle, le masque n'a pas de sens car le nombre de contaminations est très bas. Mais à plus long terme, cela peut-il être utile dans les transports ou ailleurs ? On doit bien sûr l'évaluer.

Même état d’esprit en Norvège, qui s’estime être dans "une situation chanceuse" et attend une éventuelle augmentation du nombre de cas pour rendre le masque obligatoire. À ce jour, 9 100 contaminations ont été enregistrées dans ce pays pour 255 morts. En Finlande, avec 7 400 cas recensés et 330 décès, le responsable de l’autorité sanitaire a remis la question du masque à plus tard. "On verra ça à la rentrée, quand les gens reviendront de congés." Apparemment dans le Nord, le virus a aussi pris des vacances.

En Suède, incitation au télétravail

Depuis le début de l’épidémie, la Suède a choisi une stratégie différente pour lutter contre le coronavirus, misant entre autres, sur l’immunité collective. Le confinement n’a jamais été imposé et les écoles primaires, les collèges sont restés ouverts, ainsi que les bars et les restaurants. Une stratégie moins stricte, qui laisse ses voisins sceptiques, et pour cause : la Suède recense actuellement 80 100 cas de Covid-19 et 5 739 morts, soit beaucoup plus que le Danemark et la Finlande.

Ces dernières 24 heures, le nombre de contaminations a fortement augmenté (318 en plus). Pour limiter la propagation, notamment dans les transports, la Suède a annoncé jeudi qu’elle favoriserait le télétravail jusqu’au Nouvel An. Les autorités sanitaires espèrent ainsi réduire la promiscuité dans les bus, le métro et les trains. Le gouvernement craint une deuxième vague : si les "contacts augmentent à nouveau, il y a un risque considérable d'une nouvelle propagation au cours de l'automne", a indiqué Anders Tegnell, épidémiologiste de l’Agence suédoise de santé publique lors d’une conférence de presse.

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