La France est-elle vraiment la plus sévère en matière de confinement au sein de l’Union européenne, comme l'a affirmé mardi le ministre d'Intérieur ? Si les mesures mises en œuvre se ressemblent d'un pays à un autre, les sanctions sont plus sévères chez nos voisins, qu'elles visent les particuliers ou les entreprises.

La Guardia Urbana contrôle des promeneurs sur les ramblas désertées de Barcelone. En Espagne, les contrevenants aux règles de confinement s’exposent à des amendes pouvant atteindre 600 euros.
La Guardia Urbana contrôle des promeneurs sur les ramblas désertées de Barcelone. En Espagne, les contrevenants aux règles de confinement s’exposent à des amendes pouvant atteindre 600 euros. © AFP / Miquel Llop/NurPhoto

La France a mis en place les mesures de confinement "les plus strictes d'Europe", a assuré mardi  le ministre de l'Intérieur. Pour Christophe Castaner, qui a mobilisé quelque 100 000 policiers et gendarmes pour s’assurer du bon respect des règles, "il conviendra de limiter au maximum les sorties et toute activité collective". Les contrevenants pourraient être verbalisés lors de contrôles "fixes ou aléatoires". 

Pour autant, la France est-elle vraiment la plus sévère au sein de l’Union européenne ? 

Depuis une semaine maintenant, il est impossible de sortir de chez soi en Italie sans disposer d’un laisser-passer en bonne et due forme, téléchargeable sur le site du ministère de l’Intérieur. Il s’agit d’une déclaration sur l’honneur, à présenter aux forces de l’ordre. Les exceptions sont les mêmes qu’en France : nécessité liée au travail, à la santé, motif familial impérieux, besoin de faire des courses, de promener son chien ou de faire un peu d’exercice.

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Pas de concession en Espagne

Cette dernière exception n’est pas prévue en Espagne, en revanche, où la courte promenade en solo dans le quartier est interdite. Soit une restriction plus sévère, quoi qu’en dise Christophe Castaner, que ce que prévoient les dispositions françaises.

Par ailleurs, les sanctions auxquels s’exposent les contrevenants sont, sur le papier, plus lourdes chez nos deux voisins. L’amende, portée aujourd’hui à 135 euros en France, peut atteindre 206 euros en Italie et se monter jusqu’à 600 euros en Espagne. Chez nos voisins, des peines de prison sont même prévues : 3 mois d’incarcération en Italie et 1 an en Espagne, en cas de manquement répété à l’impératif de confinement.

Sanctions immédiates en Belgique

Un autre pays européen, pour l’heure moins touché par la pandémie, a mis la barre très haut : l’Autriche. Les interdictions de sortie et les contrôles de police y sont aussi stricts qu’en France, avec en prime l’interdiction des rassemblements de plus de 5 personnes, adoptée le week-end dernier.

En Belgique, où le confinement a été décidé mardi, ce sont les entreprises qui sont dans le viseur. Celles qui ne peuvent organiser le télétravail devront garantir à leurs salariés un "respect scrupuleux de la distanciation sociale" sur le lieu de travail et dans les transports, a averti la Première ministre Sophie Wilmès, évoquant le risque d'"amendes lourdes", voire de fermetures administratives en cas de non respect par l'employeur d'un premier avertissement sur ce point.

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