Voici plusieurs plusieurs jours que plusieurs dizaines de Français sont bloqués aux îles Fidji, dans le Pacifique Sud. En raison du coronavirus, plus aucun avion commercial ne peut atterrir. Le gouvernement français tente d’organiser un rapatriement via Nouméa mais la Nouvelle-Calédonie refuse de coopérer.

Par peur du virus, Nouméa refuse catégoriquement le transit des avions
Par peur du virus, Nouméa refuse catégoriquement le transit des avions © AFP / Marc Le Chelard

Vingt mille ressortissants français sont encore bloqués à l’étranger, selon le Quai d’Orsay. Ces derniers jours, de nombreux vols ont été affrétés notamment par Air France pour les rapatrier. Mais pour les Français du Pacifique, la situation n'est pas près de s’améliorer. Loin de tout, ils voient les frontières se refermer. Or, pour rentrer, il faut deux escales minimum : un casse-tête à l’heure où les pays se confinent les uns après les autres.

Ainsi, Mélanie vit aux îles Fidji depuis le mois de janvier. À cause du Covid-19, le programme de conservation marine de son ONG a fermé. La semaine dernière, elle est allée à l’aéroport mais la compagnie aérienne lui a refusé l’embarquement. "Ils nous ont dit que Sydney n’acceptait plus d’étrangers, même en transit. Pourtant je n'avais qu'une escale de deux heures". 

La jeune femme de 18 ans a tenté de négocier. "Pendant 6 heures, on a tout essayé, mais ils n’ont rien voulu savoir". Le ventre noué, elle est repartie avec deux autres Françaises dans un hôtel pour attendre. "On n’avait même plus faim, on était trop stressées". 

Pas de solution

Quelques heures après ce refus d'embarquement, le ciel des îles Fidji se referme. Tous les vols commerciaux sont suspendus. La seule option pour évacuer les ressortissants est donc un rapatriement organisé par la France. Mais les négociations ne sont pas simples. 

Tous les jours, l’ambassade de France aux îles Fidji contacte Mélanie et ses amis pour leur donner des nouvelles. "Quand ils nous appellent, on est contentes, on a de l’espoir. Et quelques heures plus tard, ils nous disent que finalement il n’y a pas de solution".

L’option la plus logique, serait un avion qui prend les Français du Pacifique (Fidji, Vanuatu, Wallis-et-Futuna et Polynésie) et qui fait escale à Nouméa, en Nouvelle Calédonie. Problème, ce territoire pourtant français, refuse catégoriquement le transit des avions, même demandés par la France, par peur du virus

Aéroport caillassé

Mylène, expatriée installée aux îles Fidji entend cette réticence : "Le gouvernement calédonien subit une forte pression de sa population. Certains ont commencé à caillasser l’aéroport et le personnel aérien pour empêcher tout avion d’atterrir en Nouvelle-Calédonie. Il y a des tensions là-bas". Cependant, la jeune femme aimerait que le gouvernement de ce territoire français comprenne aussi : 

"On ne veut pas rester en Nouvelle-Calédonie, on veut juste transiter, pas rester, le gouvernement calédonien doit comprendre ça."

À ce jour, 15 cas ont été confirmés en Nouvelle-Calédonie. 

Infrastructures sanitaires limitées

Pour l’instant, les îles Fidji sont épargnées par le Covid-19, mais Mylène s’inquiète. "C’est stressant de se dire que la crise va prendre la même direction ici qu’elle a pris ailleurs. Petit à petit, la situation va devenir critique. Surtout qu’ici, les infrastructures sanitaires sont limitées. Elles ne pourront pas faire face à cette crise pour les Fidjiens, alors pour les étrangers...".

Une soixantaine de Français sont bloqués aux îles Fidji, et environ 70 au Vanuatu. Ils attendent que la Nouvelle-Calédonie soit plus compréhensive, ou que le gouvernement trouve une autre solution. 

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