La France reste 23eme sur 176 au classement sur l'Indice de perception de la corruption établi par l'ONG Transparency International, avec une moins bonne note qu'en 2015.

La France reste à la 23e place du classement d'Indice de perception de la corruption établi par l'ONG Transparency International
La France reste à la 23e place du classement d'Indice de perception de la corruption établi par l'ONG Transparency International © Maxppp / Lionel Vadam

Comme chaque année, l'ONG Transparency International dévoile ce mercredi son Indice de perception de la corruption : un classement de 176 pays, où chaque Etat obtient une note - de 0 pour les pays dont les administrations publiques et la classe politiques sont jugées les plus corrompues, à 100 pour les plus vertueux. Cet indice définit la corruption comme "l’abus d’une charge publique à des fins d’enrichissement personnel", il est établi en agrégeant des données d'enquêtes collectées par 12 institutions indépendantes, telles que la Banque mondiale, la Fondation Bertelsmann, ou encore le Forum Economique Mondial.

La France se classe au 23eme rang, comme en 2015 - en 2014, l'Hexagone était en 26eme position. Mais si notre pays ne recule pas au classement, son score baisse, avec une note de 69/100, contre 70 en 2015.

"La France a fait des progrès au niveau des lois et des institutions" - Daniel Lebègue, Transparency France

Pourtant, "ces dernières années, la France a fait des progrès au niveau des lois et des institutions", salue Daniel Lebègue, président de Transparency France, au micro de Delphine Evenou, et il détaille : "les lois de 2013 sur la transparence de la vie publique, sur la lutte contre la délinquance financière... il y a eu toute une série de textes qui vont dans le bon sens. Est-ce que ceci est déjà perçu par l'opinion publique ? La réponse est sans doute non. Il faut du temps. Depuis quelques mois, la justice française a commencé à prononcer des sanctions lourdes : Jérôme Cahuzac, Claude Guéant... elle est devenue plus sévère - je ne suis pas sûr que nos concitoyens aient pris la mesure de cette évolution, mais cela va venir, au fil du temps."

Le Danemark et la Nouvelle-Zélande jugés les plus vertueux, la Somalie la plus corrompue

Le Danemark et la Nouvelle-Zélande arrivent en tête du classement, ex aequo, avec un score de 90. La Finlande, dotée d'un indice de 89, complète le trio de tête. Cela ne signifie pas que ces pays sont dénués de toutes corruption, précise l'ONG, mais, qu'ils ont comme caractéristiques communes le respect de la transparence par les pouvoirs publics, celui de la liberté de la presse, pas de restriction des libertés individuelles et une justice indépendante.

Dans le Top 10 des pays jugés les plus vertueux, on trouve aussi la Suède, la Suisse, la Norvège, Singapour, les Pays-Bas, le Canada, l'Allemagne, le Luxembourg et le Royaume-Uni (tous les trois à la dixième place). Pour la dixième année consécutive, la Somalie arrive à la dernière place, avec un score de 10, juste après le Soudan du Sud, la Corée du Nord et la Syrie.

La plus lourde chute dans le classement est celle du Qatar (31e), qui perd dix points, notamment à cause des accusations de corruption autour de l'attribution de l'organisation de la Coupe du monde de football 2022, et des accusations d'exploitation et d'abus à l'encontre des travailleurs migrants.

Inquiétude face à la montée des populismes

Plus des deux tiers des pays classés obtiennent un score inférieur à 50 : "Cette année, il y a eu plus de chutes que de montées dans le classement, ce qui prouve l'urgence d'agir", s'inquiète Transparency International, qui évoque l'affaire des Panama Papers, et les scandales de corruption Petrobras et Odebrecht au Brésil, mais "salue les travaux menés par des instances indépendantes chargées de l’application des lois, qui rendent possible de demander des comptes aux personnalités jugées intouchables".

L'ONG dénonce un cercle vicieux où la corruption systémique et les inégalités sociales se renforcent mutuellement, créant une situation de désenchantement et un "terreau fertile" pour la montée des populismes, "mauvais remède" : les indices de la Hongrie et de la Turquie ont plongé ces dernières années, alors même que des régimes populistes et autoritaires sont en place.

Un appel à lancer de profondes réformes

Pour Transparency International, "il ne suffit pas d'adapter des législations anti-corruptions spécifiques : il y a urgence à mettre en place de profondes réformes pour contrebalancer les inégalités de pouvoirs et de richesses (...) mettre fin à la corruption pratiquée en toute impunité et demander des comptes aux puissants".

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