Manifestation contre les militaires à Ouagadougou
Manifestation contre les militaires à Ouagadougou © Reuters / Joey Penny

Les institutions de transition du Burkina Faso ont été dissoutes par les militaires ce jeudi matin. Le président Michel Kafando, son premier ministre et deux ministres sont toujours retenus dans le palais présidentiel par des militaires proches de l'ex président Blaise Compaoré, destitué par la population en 2014 après 27 ans de règne.

L'ex chef d'état major de Blaise Compaoré est à la tête des putshistes. Dans un communiqué lu à la télévision nationale, les militaires annoncent la fermeture des frontières et la mise en place d'un couvre feu nocturne. Ils justifient leur coup de force à la télévision :

La capitale Ouagadougou est quadrillée par l'armée. La population est descendue dans la rue pour protester contre ce coup d'état et les principaux syndicats du pays appellent à une grève générale. Des militaires ont tiré plusieurs coups de feu pour disperser les manifestants. Moumina Cheriff Sy devient président du conseil national de transition en l'absence du président retenu en otage. Pour lui, ce coup d'Etat n'a aucune légitimité (joint par RFI)

Les Français appelés à la prudence

Le Ministère des Affaires Etrangères conseille aux Français vivant à Ouagadougou de rester confinés chez eux, et aux voyageurs français de reporter tout projet de déplacement au Burkina.

Le Président soutenu par l'ONU et la France

Tout a débuté hier lorsque des militaires ont fait irruption dans la salle du conseil, prenant en otage le Président par intérim, Michel Kafando, son premier ministre et deux de ses ministres, selon un communiqué de la présidence. Le Conseil de Sécurité des Nations Unies a réclamé la libération du Président et de ses ministres "sains et saufs et immédiatement". Le secrétaire général de l'ONU Ban Ki Moon a rappelé que les Nations Unies "soutiennent fermement les autorités de transition et le président Kafando". De son coté, la France, ancienne puissance coloniale, "condamne fermement ce coup d'Etat". Dans un communiqué, François Hollande "appelle à la libération immédiate de toutes les personnes arrêtées". Depuis la chute de Blaise Compaoré, exilé en Côte d'Ivoire, le Burkina Faso est dirigé par des autorités intérimaires avec à leur tête le président Kafando et le Premier ministre Zida. Ils doivent rendre le pouvoir à l'issue des élections prévues dans un mois. Une nouvelle loi interdit à tout partisan de l'ancien président Compaoré de se présenter au scrutin.

Les points stratégiques du coup d'Etat à Ouagadougou
Les points stratégiques du coup d'Etat à Ouagadougou © Radio France
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