Pour la première fois, la mythique Coupe de l’America aura lieu aux Bermudes vendredi. Un lieu chargé de mystères pour le monde de la navigation.

C'est le "Groupama Team France" qui sera l'embarcation française pour cette édition 2017
C'est le "Groupama Team France" qui sera l'embarcation française pour cette édition 2017 © AFP / Jean-Sébastien Evrard

C’est une première : ce vendredi, le top départ de la Coupe de l’America, plus ancienne compétition sportive du monde, sera donné sur l’archipel des Bermudes. Pendant un mois, cinq équipes (dont la France) vont tenter de détrôner les Etats-Unis, tenants du titre, dans des courses en face-à-face.

Le petit archipel, qui compte environ 66.000 habitants, accueille régulièrement des courses selon le modèle du “match racing”, les règles très particulières auxquelles se plie la Coupe de l’America. Et pourtant, le lieu est empli de mystère pour des générations de navigateurs : c’est l’une des pointes du tristement célèbre Triangle des Bermudes.

La zone dite du "Triangle des Bermudes"
La zone dite du "Triangle des Bermudes" / Capture d'écran Google Maps

Nombreuses disparitions

Cette zone, qui forme un triangle (comme son nom l’indique) entre la Floride, Porto Rico et les Bermudes, a une surface d’un peu plus de 1,5 million de kilomètres carrés. De très nombreux navires ont coulé, et beaucoup d'avions ont perdu de l'altitude vers le Triangle des Bermudes, et ce dès le début de la conquête des Amériques : c’est dans ce secteur que Christophe Colomb aurait constaté un dérèglement étrange de son compas.

Mais est-ce réellement un coupe-gorge pour tout navigateur ? Pas sûr. Les garde-côtes américains ne reconnaissent pas l’existence d’une telle zone de danger à cet endroit-là. “Aucun facteur extraordinaire n’a été identifié”, explique le site du département américain de la sécurité extérieure.

Une zone pas si dangereuse

Et selon une étude de l’organisation WWF en 2013, le Triangle des Bermudes ne fait pas partie des zones les plus dangereuses à naviguer dans le monde. En réalité, si on fait le rapport entre le nombre de naufrages, la très grande superficie de la zone et surtout le trafic maritime très dense qui y est observée, le triangle des bermudes n’est pas à proprement parler une zone dangereuse. A titre de comparaison par exemple, “depuis 1999 il y a eu 293 accidents maritimes dans la mer de Chine méridionale et les Indes orientales” selon le WWF. Dans le Triangle des bermudes, on n’en compte qu’une dizaine (en incluant les crashs d’avion).

Si la zone est si connue, c’est donc moins pour le danger réel qu’elle représente que pour le mystère qui entoure les disparitions de cette zone. Car si par exemple le Cap Horn est un passage particulièrement difficile à franchir à cause des vents et des vagues, les raisons exactes des disparitions dans le Triangle des Bermudes sont inconnues. Un mythe qui a inspiré de nombreuses références dans la culture populaire.

Théories surnaturelles et explications scientifiques

Les théories sur le mystère du Triangle ont fasciné des milliers de passionnés de surnaturel, qui y ont vu des preuves d’activités extraterrestre, des monstres marins, ou même l’existence de pyramides de cristal immense au fond des eaux - une relique de l’Atlantide ? D’autres encore y ont vu la preuve d’un complot franc-maçon (thèse appuyée par la forme triangulaire) ou encore une cachette du diable en personne.

En réalité, les explications sont beaucoup plus terre à terre. Les conditions météorologiques de cette zone tropicale, où des tempêtes surgissent sans prévenir, pourraient être la première raison. Le chercheur Gilles Reverdin a également expliqué au journal Ouest France que la présence accrue de sargasses, “des algues flottantes qui sont sources de gros problèmes pour nombres de marins”, peut aussi être une explication.

Enfin, depuis une quinzaine d’années une théorie évoque des monticules de méthane glacé qui éclatent à force d’amas, et qui finissent par provoquer des remontées de bulles de méthane, faisant baisser la densité de l’eau, et donc la portance (la flottaison) des bateaux. Mais les quantités de méthane présentes ne seraient pas suffisantes pour faire couler des navires entiers.

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