Les vaccins de Pfizer et AstraZeneca réduisent de façon très significative, dès la première dose et pour toutes les tranches d’âge, les risques d’affections graves liées à la Covid-19. C’est ce qu’indique une étude menée en Écosse. Londres reste néanmoins sur ses gardes alors que se profile le déconfinement.

En Écosse, comme ici à Édinbourg, le service des santé des Armées participe à la campagne de vaccination contre la Covid-19.
En Écosse, comme ici à Édinbourg, le service des santé des Armées participe à la campagne de vaccination contre la Covid-19. © AFP / Andrew Milligan

Les chercheurs de grandes universités, celles d’Édinbourg et de Glasgow notamment, et la sécurité sociale écossaise, Public Health Scotland (PHS), viennent de boucler un chantier inédit : le suivi de la diffusion de la pandémie de Covid-19 sur la totalité de la population et les résultats de la vaccination sur 1,14 millions de personnes, soit 21% des 5,4 millions de résidents écossais recensés.

Et leurs résultats confirment ceux des essais cliniques : les traitements des laboratoires Pfizer et AstraZeneca réduisent  "subsantiellement" les risques d’hospitalisation du fait d’affections graves liées à la Covid-19. Information inédite, semble indiquer l’étude EAVE II : les effets du vaccin sont sensibles dès la première dose.

En analysant les données hebdomadaires de vaccination, d’admissions à l’hôpital, de tests et de décès, les équipes scientifiques ont pu établir que, entre le 8 décembre et le 15 février, et quatre semaines après avoir reçu leur première injection, le nombre de formes sévères d’infections toutes tranches d’âge confondues a baissé de 85 % chez les personnes vaccinées au produit Pfizer et de 94 % chez les bénéficiaires du traitement AstraZeneca. Les populations les plus à risque, les plus de 80 ans, voient leur risque d’hospitalisation baisser de 81 % en moyenne, tous vaccins confondus.

Un espoir 

Des raisons d'espérer pour le Professeur Aziz Sheikh, directeur de l’Institut Usher à l’Université d’Édinbourg :

"Ces résultats sont très encourageants. Ils nous ont donné de sérieux gages d'optimisme pour l'avenir. Nous avons désormais une preuve nationale – à l'échelle d'un pays – que la vaccination prévient les hospitalisations liées à la Covid-19." 

D’autant que pour les responsables de l’analyse écossaise, les résultats sont transposables à d’autres pays, à l’exception, précisent-ils, des écarts relevés entre les deux vaccins scrutés. Les études cliniques sur le vaccin d’AstraZeneca semblaient indiquer une efficacité moindre sur les plus de 65 ans, ce que les données écossaises ne confirment pas. 

L’étude vient d’être publiée sur le Social Science Research Network, un site de prépublication d’articles scientifique, où elle sera relue. Elle peut encore être infirmée par d’autres chercheurs, même si, précise le Financial Times, elle va dans le même sens que des recherches publiées en Israël la semaine dernière et citées par l’organisme de santé publique anglais, Public Health England.

Des inquiétudes

Reste que, pour les autorités britanniques, la crise sanitaire reste critique. Au lendemain de l’annonce d’un plan de déconfinement progressif, entre le 8 mars et le 17 mai, le conseiller scientifique Patrick Vallance a alerté lors d’une conférence de presse :

"De nombreux épidémiologistes s’attendent à voir les infections progresser à mesure que les restrictions seront levées."

Le gouvernement a d’ailleurs relayé des modélisations de l’Imperial College de Londres et de l’Université de Warwick prévoyant, au rythme actuel de vaccinations – 18 millions de personnes ont été vaccinées sur 66 millions d’habitants – et dans le cadre du déconfinement progressif, 30 000 morts supplémentaires du coronavirus d’ici à la fin juin. La Covid-19 a à ce jour tué 120 000 personnes au Royaume-Uni.