C'est une des "armes" traditionnelles des États pour lutter contre la propagation de l'épidémie de Covid-19 : mieux contrôler les personnes, potentiellement atteintes, au moment où elles entrent sur le territoire. Plusieurs pays européens prennent des mesures de ce genre, mais souvent de manière trop différente.

File d'attente à l'aéroport de Bruxelles, le 23 décembre 2020
File d'attente à l'aéroport de Bruxelles, le 23 décembre 2020 © AFP / Dursun Aydemir / ANADOLU AGENCY

Comme la plupart de ses voisins, la France va réclamer à partir de dimanche (le 24 janvier) un test négatif de moins de 72 heures aux ressortissants européens arrivant par avion ou par bateau. Cette mesure ne s'impose en revanche pas aux "frontières terrestres" : les chauffeurs routiers et automobilistes, par exemple, ne sont pas concernés ; pour ceux qui voyagent en train, la question est en suspens.

Des situations et des solutions différentes au sein d'un même pays, mais aussi entre les pays. Beaucoup durcissent leurs contrôles aux frontières, mais sans réelle harmonisation. Logique, puisque ces questions relèvent de la souveraineté des États : harmoniser les mesures relève donc du simple volontariat... Et personne ne semble vraiment tenir compte de ce qui se fait chez ses voisins.

La Commission européenne fait pourtant des efforts pour mettre un peu de cohérence dans les formalités de voyage. Bruxelles a ainsi ajouté une catégorie "rouge foncé" à ses indicateurs de zones à risque, qui pourrait contraindre ceux qui en viennent à présenter un test négatif avant leur départ, et à se soumettre à une quarantaine à l'arrivée.

Chacun fait ce qui lui plait

Une cartographie censée clarifier la situation... Sauf que la plupart des pays de l'Union "colorient" eux aussi la carte de l'Europe, selon leurs propres critères. Résultat : des procédures très différentes d'un État à l'autre.

Ainsi, l'Autriche exige une quarantaine de dix jours pour les voyageurs venant de zones à risque, avec une réduction possible du délai en cas de test PCR négatif. L'Italie, elle, impose une surveillance sanitaire de 14 jours à l'arrivée, pour les déplacements "non-essentiels". Pour entrer au Danemark en provenance d'un autre pays de l'Union européenne ou de l'espace Schengen, il faut une raison valable. Depuis le 9 janvier, les arrivants doivent aussi présenter un test négatif effectué au plus tard 24 heures avant le départ. Enfin, la Belgique interdit carrément, à partir de mercredi prochain et jusqu'au 1er mars, tout voyage "non essentiel" depuis et en provenance de son territoire.

Un "chacun pour soi" qui complexifie à la fois les déplacements pour les voyageurs européens (qui doivent s'adapter simultanément aux mesures prises par leur pays d'origine et leur pays de destination) et la lutte à échelle européenne contre l'épidémie.

D'où cette recommandation plus large de l'Union européenne : éviter autant que possible les voyages non essentiels entre les pays du bloc... Histoire d'éviter aussi, comme au printemps dernier, une cacophonie entre États-membres et des fermetures de frontières en urgence et dans la plus grande confusion.