En moyenne dans le monde, les enfants ont perdu un tiers de leur année scolaire à cause de la Covid-19. Un chiffre qui explose dans certaines régions, en particulier en Amérique latine et dans le sud de l'Asie. L'ONG "Save The Children" s'inquiète d'un monde à deux vitesses pour ces enfants.

Une classe vide en Bavière (Allemagne), le 11 janvier 2021
Une classe vide en Bavière (Allemagne), le 11 janvier 2021 © AFP / Sven Hoppe/dpa

L'éducation des enfants dans le monde est une autre victime collatérale de l'épidémie de Covid-19, et là encore ce sont ceux qui vivent dans les pays les plus pauvres qui payent le prix le plus fort. C'est le constat fait ce mardi par l'organisation de défense des enfants "Save The Children", qui annonce des chiffres alarmants.

► ALLER PLUS LOIN - Le rapport complet (en anglais) sur le site de l'ONG

En règle générale dans le monde, on estime qu'un enfant a chaque année 190 jours d'école par an. Mais depuis le début de la pandémie il y a un an, tout a changé pour les 99 % d'enfants et d'adolescents de moins de 18 ans qui vivent dans des pays touchés par le coronavirus.

Ils ont perdu en moyenne 74 de ces jours, plus d'un tiers de leur éducation habituelle. L'ONG estime que ce déficit est lié à la fois aux fermetures d'écoles, bien sûr, mais aussi au manque d'accès aux moyens d'apprendre à distance : matériel informatique, connexion Internet, etc. "Près d'un an après le début officiel de la pandémie mondiale, des centaines de millions d'enfants restent loin de l'école", explique sa présidente Inger Ashing dans un communiqué. "Il faut que 2021 soit l'année où l'on s'assure que les enfants ne payent pas le prix de cette pandémie."

Cet éloignement forcé des salles de classe a connu un pic entamé en février 2020 et qui a atteint son sommet le 11 mars. Ce jour-là, 91 % des enfants et adolescents du monde n'avaient plus accès à leur école, collège ou lycée.

Des situations plus dégradées pour les pays et familles pauvres

Cet accès dégradé à l'éducation a particulièrement touché les populations les moins favorisées. On observe une large différence, par exemple, entre les pays d'Amérique latine (où les enfants ont perdu en moyenne 110 jours d'école sur 190) et ceux d'Europe de l'Ouest (38 jours perdus seulement en un an).

On observe également des disparités au sein même des pays. "La fracture a grandi entre familles riches et pauvres, urbaines et rurales, réfugiés et population d'accueil, enfants atteints ou non de handicaps", précise l'ONG. Même dans des pays riches, la situation est alarmante pour certains habitants : en Norvège, par exemple, 30 % des jeunes de 9 à 18 ans n'ont pas accès à un ordinateur à leur domicile, 1 sur 5 aux Pays-Bas. Aux États-Unis, on compte proportionnellement plus d'élèves sans accès à Internet que dans les autres pays riches, selon "Save The Children".

"Nous perdrons la guerre contre la pandémie si nous ne nous assurons pas que les enfants peuvent revenir à l'école en toute sécurité, avoir accès à des services de soins, à suffisamment de nourriture et à une protection", réclame Inger Ashing. "Nous le devons à nos enfants."