Quatre jours après le crash du vol MH17, Moscou évoque la présence d'un avion de chasse ukrainien peu avant l'accident. De son côté, Barack Obama demande à la Russie de faire pression sur les rebelles, pour assurer aux enquêteurs un accès complet au site.

Les accusations mutuelles se poursuivent entre Moscou et Kiev, quatre jours après le crash du Boeing qui a coûté la vie à 298 personnes dans l'est de l'Ukraine.

Dimanche, le sécrétaire d'Etat américain à la défense John Kerry déclarait qu'il était assez "clair" que le système de tirs de missiles provenait de Russie. Il disait savoir d'où était parti le projectile, et évoquait des échanges entre sépératistes interceptés sur les réseaux sociaux.

Moscou rejette aujourd'hui en bloc ces accusations. Et invite les Etats-Unis à partager leurs imagessatellites, "s'ils en ont".

Les restes du Boeing malaisien
Les restes du Boeing malaisien © Reuters

Selon Moscou : un avion de chasse ukrainien à proximité du Boeing

Le général Andreï Kartapolov, de l'Etat-major des forces russes, évoque l'approche d'un avion de chasse ukrainien SU-25, à une distance de 3 à 5 kilomètres du Boeing. "Il dispose de missiles air-air qui peuvent tirer jusqu'à 12 kilomètres et garantissent la destruction d'un objectif jusqu'à 5 kilomètres", déclare le général.

Nous nous posons la question : dans quel but un avion de chasse faisait-il un vol à cette altitude et en même temps qu'un avion civil ?

Il ajoute qu'après avoir changé de cap, le Boeing aurait tenté de revenir dans son corridor, avant de renoncer.

Pourquoi est-il sorti de son corridor, est-ce une erreur de pilotage ou un ordre donné par les aiguilleurs du ciel ukrainiens ?

Andreï Kartapolov affirme enfin que des missiles sol-air des forces ukrainiennnes étaient positionnées non loin de Donetsk ce jour-là.

Contre qui étaient dirigées ces forces antiaériennes alors que tout le monde sait que les combattants (séparatistes) n'ont pas d'aviation ?

Le récit à Moscou de Marc Crépin

Selon Washington : Poutine doit maintenant faire pression sur les rebelles

Le président américain s'est exprimé cet après-midi de la Maison Blanche. Selon lui, il est grand temps que les enquêteurs arrivés sur place puissent faire leur travail dans de bonnes conditions.

Son homologue russe Vladimir Poutine s'est dit favorable à une véritable enquête, et doit maintenant passer des paroles aux actes. Selon Barack Obama :

Il appartient à la Russie d'insister pour que les séparatistes (...) assurent aux enquêteurs un accès immédiat et complet au site du crash

Barack Obama a invité le président russe à se détourner de son soutien aux séparatistes et a oeuvrer "sérieusement" à la fin des hostilité en Ukraine.

Le chaos sur place, véritable "insulte" faite aux familles des victimes, n'est pas de nature à permettre un bon déroulement de l'enquête pour le chef d'Etat américain. Il a dénoncé le blocage du site à plusieurs reprises par les séparatistes.

Que cherchent-ils à cacher ?

A New York, les précisions de Charlotte Alix

Le train réfrigéré dans lequel se trouvent les corps des victimes, vus par les enquêteurs néerlandais, a fini par quitter en fin d'après-midi la gare de Torez, en zone rebelle. Il était jusqu'alors bloqué par les séparatistes.

Les corps seront examinés et identifiés dans une ville controlée par les loyalistes. Puis ils seront remis aux Pays-Bas, tandis que la Malaisie récupérera les boîtes noires, selon le premier ministre malaisien.

En Europe : vers un durcissement des sanctions ?

Le premier ministre britannique David Cameron a appelé l'Union européenne à entrer dans une nouvelle phase de sanctions économiques contre la Russie. Et à stopper toute vente d'armes à Moscou, pointant notamment du doigt l'opportunité de la vente française de navires de guerre Mistral à la Russie.

Il serait impensable dans ce pays (la Grande-Bretagne) de mener à bien une commande comme celle qu'ont les Français, mais nous devons mettre la pression sur tous nos partenaires pour dire que nous ne pouvons pas continuer à faire des affaires comme si de rien n'était

Ces nouvelles sanctions pourraient être décidées demain à Bruxelles par les ministres des affaires étrangères.

Un projet de résolution rédigé par l'Australie doit aussi être soumis aujourd'hui au vote du Conseil de sécurité de l'ONU. Il condamne la destruction de l'avion de la Malaysia Airlines, et demande que les groupes armés ne compromettent pas l'intégrité du site du crash. Une résolution que devrait soutenir Moscou.

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