En attendant l'analyse des deux boîtes noires retrouvées dans les décombres, les raisons de la catastrophe restent floues
En attendant l'analyse des deux boîtes noires retrouvées dans les décombres, les raisons de la catastrophe restent floues © Radio France

Au lendemain du crash dans le Sinaï en Egypte de l'Airbus A321-200 de la compagnie russe Metrojet, le chef des experts russes dépêchés sur place a affirmé que l'avion s'était "disloqué" en vol.

Hier un avion de ligne russe transportant 217 passagers et 7 membres d'équipage s'est crashé dans le centre de la péninsule du Sinaï peu après son décollage de la station balnéaire de Charm el Cheikh. Quelques heures après le drame, les équipes de secours constataient les dégâts, et l'absence de survivant.

Les débris éparpillés sur une surface de 20 kilomètres carrés

La dislocation aurait eu lieu dans les airs et les fragments se sont éparpillés sur une grande surface d'environ 20 kilomètres carrés, selon le directeur du Comité intergouvernemental d'aviation russe, qui précise qu’il est "trop tôt pour parler de quelconques conclusions".

L'hypothèse d'un attentat comme celle d'un accident restent donc ouvertes, sans qu’il soit possible à se stade de se prononcer sur les causes de l’accident. Les experts évoquent la possibilité d'une explosion criminelle à bord, mais aussi celle d'un tir de missile ou une explosion causée par une défaillance technique. L'examen des débris, complété par celui des enregistreurs de vol, pourrait permettre d'établir laquelle des hypothèses est la plus plausible. L'Etat Islamique avait affirmé samedi avoir abattu l'appareil revendique un attentat, mais la Russie comme l'Egypte contestent cette hypothèse.

Récupération des corps et drapeaux en berne

Ce dimanche matin, les recherches avaient repris sur le lieu du crash. Les experts russes étaient sur place pour aider à la récupération des corps et entamer la recherche d'indices. Au moins 163 corps ont déjà été retrouvés et transportés dans divers hôpitaux égyptiens ainsi qu'à la morgue de Zeinhom au Caire. Les enquêteurs russes se sont également rendus à la morgue. Au Caire, le drapeau de l'ambassade de Russie était en berne. En Russie, une journée de deuil national a été déclarée. L'examen du contenu des deux boîtes noires de l'appareil doit commencer dans la journée, a-t-on appris auprès des autorités judiciaires et dans l'entourage du gouvernement. L'examen, par les enquêteurs russes et égyptiens, se fera au Caire, au siège du ministère de l'Aviation.

Aucun problème détecté sur l’équipage

Quant à l'équipage, il avait subi des examens médicaux et aucun problème n'avait été détecté, selon le ministère public. L'Airbus A321-200, exploité par la compagnie aérienne russe Kogalymavia/Metrojet, a décollé de Charm al Cheikh, station balnéaire sur la mer Rouge située à la pointe sud du Sinaï et se rendrait à Saint-Pétersbourg en Russie. Sa trace a disparu des écrans radar une vingtaine de minutes après le décollage.

La Province du Sinaï, un groupe djihadiste affilié au groupe terroriste Etat islamique, a déclaré dans un communiqué avoir abattu l'avion "en réponse aux frappes aériennes russes qui ont tué des centaines de musulmans en terre syrienne". Depuis un mois, la Russie procède à des frappes aériennes en Syrie contre divers groupes d'opposition qui combattent les forces du président Bachar al Assad, parmi lesquels figure le groupe Etat islamique. Cette revendication a laissé sceptique le ministre russe des Transports Maxim Sokolov qui a déclaré à l'agence Interfax qu'elle ne pouvait être considérée comme "exacte".

Il faudra attendre l’examen des boites noires

Lors d'une conférence de presse samedi, le Premier ministre égyptien Cherif Ismaïl a déclaré qu'aucune activité "irrégulière" ne semblait a priori à l'origine de la catastrophe mais que les causes du crash ne pourraient être déterminées avec certitude qu'une fois les boîtes noires examinées. La France a également proposé ses services. Deux enquêteurs du Bureau d'enquêtes et d'analyses (BEA) sont attendus dans la journée sur les lieux du crash. Ils seront accompagnés de six conseillers techniques d'Airbus.

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