En attendant l'analyse des deux boîtes noires retrouvées dans les décombres, les raisons de la catastrophe restent floues
En attendant l'analyse des deux boîtes noires retrouvées dans les décombres, les raisons de la catastrophe restent floues © Radio France

L'accident d'avion dans la péninsule égyptienne du Sinaï samedi dernier n'est pas due à une défaillance technique ou à une erreur humaine selon la compagnie russe Kogalymavia/Metrojet.

Seule une "action extérieure" peut expliquer le crash a assuré aujourd'hui un dirigeant de la compagnie.

L'accident ne peut être que le résultat d'une autre "action technique ou physique" a déclaré le directeur général adjoint de la compagnie, Alexander Smirnov, en conférence de presse à Moscou. "L'avion était en excellent état technique", a-t-il ajouté.

Pas de preuve d'un acte terroriste

Selon un membre de la commission chargé d'examiner les enregistreurs de vol retrouvés sur le site du crash, l'appareil n'a pas été touché de l'extérieur par un projectile et le commandant de bord n'a émis aucun appel de détresse avant la disparition de l'avion des écrans radar.

Le chef du renseignement américain James Clapper a indiqué de son côté à Washington qu'il n'y avait pas de signe pour l'instant qu'un acte terroriste était à l'origine du crash. Il estime même qu'il est "improbable" que le groupe Etat islamique ait les moyens d'abattre un avion commercial en vol, ajoutant toutefois qu'il ne pouvait "l'exclure" complètement.

Cependant, l'hypothèse de l'attentat reste envisagée après la revendication de la branche égyptienne du groupe Etat islamique. L'organisation terroriste a annoncé samedi avoir détruit l'avion en représailles, selon elle, aux bombardements russes en Syrie. Pour le moment,les autorités égyptiennes et russes ne sont pas en mesure d'annoncer les causes de l'accident.

Pour le chercheur et spécialiste des mouvements djihadistes, Romain Caillet, il n'est pas possible que l'EI revendique un attentat qu'il n'a pas commis.

L'Airbus A321 s'est disloqué en plein vol samedi dernier, une vingtaine de minutes après son décollage de la station

balnéaire de Charm el Cheikh dans la péninsule du Sinaï égyptien et à destination de Saint-Pétersbourg en Russie d'après le chef des experts aéronautiques qui participent à l'enquête, Viktor Sorotchenko. Il n'y a eu aucun survivant. 224 personnes sont mortes dans la catastrophe (217 passagers et sept membres d'équipage), la pire jamais connue par la Russie.

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Un avion incontrôlable

"Tout porte à croire que dès le début de la catastrophe, l'équipage a perdu le contrôle total" de l'avion , a rapporté Alexandre Smirnov. Le directeur général adjoint de la compagnie russe a décrit un appareil "incontrôlable" qui ne "volait pas mais tombait" .

La "chute s'explique apparemment par le fait quel'avion a subi un dégât conséquent de sa structure" , a-t-il expliqué, sans donner plus de précisions. Mais pour autant, les pilotes n'ont pas tenté d'entrer en contact radio avec les contrôleurs aériens au sol.

Dès l'annonce de la catastrophe, les regards se sont tournés vers la petite compagnie charter, Metrojet. Ces dernières années, la Russie a connu plusieurs crashs impliquant des petites compagnies.

"Nous sommes certains que nos appareils sont en bonne état de marche et que le niveau de nos pilotes correspond aux standards internationaux, voire plus", a insisté le porte-parole de Metrojet Oxana Golovina lors de la conférence de presse.

Une enquête a été ouverte concernant de possibles violations de la réglementation et des perquisitions menées dans ses locaux.

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