Crash en Ukraine : ce que l'on sait
Crash en Ukraine : ce que l'on sait © Radio France

Un avion de ligne malaisien s'est écrasé jeudi dans l'est de l'Ukraine avec 298 personnes à bord. Les Etats-Unis ont déclaré vendredi à l'Onu ne pas exclure que la Russie ait fourni une aide aux séparatistes pro-russes pour tirer un missile sol-air SA-11.

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Damine Simonard témoigne au milieu des débris

Américains et Ukrainiens privilégient la piste du missile

u.s. vice president joe biden and ukraine's prime minister arseny yatseniuk attend a media briefing in kiev
u.s. vice president joe biden and ukraine's prime minister arseny yatseniuk attend a media briefing in kiev © reuters

Selon Barack Obama, un missile a été tiré depuis une zone contrôlée par les séparatistes. Le président américain s'est exprimé depuis la salle de presse de la Maison Blanche. Il a appelé à une enquête "rapide" et "sans entraves." Le président américain a prévenu que les Etats-Unis, qui ont durci mercredi leurs sanctions contre Moscou, avaient encore la capacité de les accroître. Le président américain a dit qu'au moins un Américain avait péri.

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Samantha Power, la représentante des Etats-Unis auprès des Nations unies s'est elle expirmée devant le le Conseil de sécurité des Nations-unies :

En raison de la complexité technique du SA-11, il est peu probable que les séparatistes puissent faire fonctionner efficacement ce système sans l'assistance d'un personnel possédant des connaissances approfondies. Nous ne pouvons donc exclure l'assistance technique de personnels russes.

En marge d'un déplacement à Niamey au Niger, le président français François Hollande s'est aligné sur la position américaine :

La France demande une enquête internationale.

Les autorités ukrainiennes confirment cette version . Dès jeudi, ils ont défendu l'hypothèse d'un missile sol air SA-11 de fabrication soviétique, tiré avec l'aide de membres des services de renseignement militaires russes. Jakoub Parusinski est le directeur du Kiev Post, un hebdomadaire basé du côté ukrainien de ce conflit. Il est interrogé par Olivier Bénis et Luc Lemonnier :

Vu d'Ukraine, c'est clair, ce sont les séparatistes.

L'ambassadeur russe à l'Onu, Vitali Tchourkine, a répondu devant le Conseil que les déclarations préjugeant du résultat de l'enquête n'étaient pas bienvenues

Une preuve de l'implication des séparatistes russes ?

Quelques heures après l'annonce du crash, les services secrets russes ont publié ce qui serait selon eux un extrait d'une conversation entre deux chefs rebelles. Ces échanges auraient été enregistrés après leur viste du lieu du crash :

"Ce sont les gars du check-point Tchernoukhine qui ont abattu l'avion. Il s'est désintégré dans l'air."- "Et alors?"

  • "C'est un avion civil à 100%"

  • "Y a-t-il des armes?"

  • "Non, rien, seulement des affaires civiles".

  • "Des documents?"

  • "Il y en a un d'un étudiant indonésien."

Vladimir Poutine, qui parle d'une "tragédie", a également imputé la responsabilité de la catastrophe aux autorités ukrainiennes , coupables selon lui d'avoir relancer leur offensive contre les séparatistes après la trêve observée il y a deux semaines. Le président russe ne s'est toutefois pas prononcé sur l'origine du tir.

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Écoutez l'enregistrement de l'échange entre les deux chef rebelles et l'analyse de Marc Crépin à Moscou

La chancelière allemande, Angela Merkel a appelé vendredi à une trêve entre le gouvernement ukrainien et les séparatistes afin de permettre aux enquêteurs de travailler dans les plus brefs délais. Selon la chef du gouvernement allemand, il y a de bonnes raisons de penser que le Boeing 777, qui faisait la liaison entre Amsterdam et Kuala Lumpur, a été abattu.

Des missiles SA-11 ?

Sur le compte Twitter officiel de la "République populaire de Donetsk", un message posté sur Twitter le 29 juillet 2014, montre la prise de contrôle de batteries de missiles sol-air "Bouk" sur une base militaire ukrainienne dans la région de Donetsk. Le message a été ensuite effacé. Le ministre ukrainien de l'Intérieur, Anton Guerachtchenko a accusé le président russe d'avoir fourni ces missiles aux rebelles.

Selon les données de suivi du vol, l'appareil se trouvait à 33 000 pieds (10 000 mètres environ), soit son altitude de croisière, quand il a disparu. A cette altitude, il était hors de portée des roquettes que les rebelles ont utilisées pour abattre les hélicoptères et les autres appareils de l'armée ukrainienne volant plus bas, mais pas d'un système SA-11 qu'un responsable ukrainien a accusé la Russie de fournir aux rebelles. Selon la presse russe, les séparatistes en auraient bien acquis un. Un des groupe rebelles aurait dit avoir utilisé un SA-11 lundi pour abattre un Antonov An-26, une perte que les autorités ukrainiennes ont confirmé cette semaine en même temps que la destruction d'un chasseur Su-25 mercredi.

Où sont les boîtes noires ?

Les séparatistes ont annoncé avoir trouvé une des boîtes noires de l'appareil et ont fait savoir qu'ils pourraient accepter une trêve de deux ou trois jours pour permettre aux enquêteurs de travailler sur le site du crash. Selon des secouristes sur place, une boîte noire a été retrouvée, mais aucun périmètre de sécurité n'était en place. Ces boites ne pourront probablement pas aider à déterminer l'origine du tir de missile supposé, dont les autorités ukrainiennes et les séparatistes prorusses s'accusent mutuellement.

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