le boeing malaisien abattu par un missile
le boeing malaisien abattu par un missile © reuters

Un avion de la Malaysia Airlines s'est écrasé en Ukraine avec à son bord 298 personnes. Kiev et séparatistes pro-russes s'accusent de l'avoir abattu.

Quatre mois après la disparition du vol MH370 au dessus de l'océan indien, Malaysia Airlines est à nouveau frappée par un drame. Un Boeing 777 qui devait relier Amsterdam à Kuala-Lumpur s'est écrasé hier jeudi à Hrabove dans la région de Donetsk. en Ukraine. Il n'y aurait aucun survivant.

►►►A ECOUTER| Le 7/9 spécial crash en Ukraine

L'avion transportait 298 passagers et membres d'équipages.

154 Néerlandais étaient à bord, ainsi que 43 Malaisiens (dont 15 membres d'équipage), 27 Australiens, 12 Indonésiens, 9 Britanniques, 4 Allemands, 5 Belges, 3 Philippins, un Canadien, selon le dernier décompte fourni par Malaysia Airlines vendredi matin. La nationalité des autres passagers était en cours de vérification.

Après avoir annoncé la présence d'au moins quatre Français dans l'avion, le ministre des Affaires étrangères, Laurent Fabius est revenu sur ses déclarations affirmant n'avoir aucune certitude sur le sujet. Vendredi matin, sur France Inter, Frédéric Cuvillier, le secrétaire d'Etat aux Transports, a expliqué attendre l'identifications des dernières victimes pour savoir si parmi elles il y a des français.

Plusieurs des passagers étaient en route vers Melbourne, pour participer à la conférence internationale sur le sida

Selon des informations de la presse australienne, non confirmées, une centaine des passagers étaient des chercheurs, des praticiens et des activistes spécialisés dans cette maladie et qui devaient prendre un vol pour Melbourne une fois arrivés à Kuala Lumpur. Parmi eux, figurerait le chercheur néerlandais Joep Lange, figure internationale de la lutte contre le sida.

Les accusations

Le Boeing 777 a probablement été abattu par un missile sol-air, estiment les Etats-Unis. Selon un membre de l'administration américaine qui a requis l'anonymat, Washington soupçonne fortement les séparatistes d'être responsables du tir.

Très rapidement après le crash, le président ukrainien Petro Porochenko a dénoncé "un acte terroriste", écartant d'emblée la piste de l'accident. Il visait ainsi les séparatistes pro-russes présents dans cette région de l'ouest de l'Ukraine.

Kiev persiste dans ses accusations et les étaye. Les services de sécurité ukrainiens ont tenu jeudi soir une conférence de presse au cours de laquelle ils ont diffusé un extrait d'une conversation interceptée entre deux chefs rebelles.

Ecoutez cette conversation et les explications de notre correspondant à Moscou, Marc Crépin

A l'inverse, Alexandre Borodaï, le Premier ministre de l'autoproclamée "République Populaire de Donetsk" a accusé Kiev d'avoir abattu le MH17 parlant d'une "provocation délibérée".

A Moscou, Vladimir Poutine, qui a parlé d'une "tragédie", a également imputé la responsabilité de la catastrophe aux autorités ukrainiennes, coupables selon lui d'avoir relancer leur offensive contre les séparatistes après la trêve observée il y a deux semaines. Le président russe ne s'est toutefois pas prononcé sur l'origine du tir.

au moins quatre français dans le boeing malaisien
au moins quatre français dans le boeing malaisien © reuters

Les séparatistes prorusses d'accord pour offrir un accès sûr aux enquêteurs internationaux

Les séparatistes ukrainiens ont accepté, vendredi matin, de coopérer à l'enquête sur la destruction de l'avion et de garantir la libre circulation et la sécurité des experts qui en seront chargés, a annoncé l'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE) après une téléconférence avec leurs représentants. Kiev accusait les séparatistes d'entraver les recherches.

Les deux boites noires de l'avion de la Malaysia Airlines ont été retrouvées par des secouristes.

Mêlés aux débris de l’appareil, les corps des passagers, dont 154 de nationalité néerlandaise, ont été disséminés près de Hrabove, à une quarantaine de kilomètres de la frontière russe. Notre correspondant sur place a vu les corps et les débris de l'avion, parmi lesquels se promènent les habitants de la ville voisine.

La correspondance de Damien Simonard

Infographie crash Mh17
Infographie crash Mh17 © Ide
### Les hypothèses Plusieurs causes possibles sont avancées pour expliquer ce crash : d'abord, un missile tiré par un avion militaire. Ces derniers jours, l'Ukraine a accusé la Russie d'avoir abattu un avion de chasse, un avion de transport militaire et hélicoptère. Un missile a donc pu atteindre, par erreur, par inadvertance ou intentionnellement l'avion de la Malaysia Airlines qui passait par là. Un missile ayant raté une cible militaire aurait pu se diriger vers la chaleur des réacteurs du Boeing 777. L'autre hypothèse est celle d'un missile tiré à partir du sol. D'après un conseiller du ministre ukrainien de l'Intérieur , il pourrait s'agir d'un système anti-aérien, fabriqué à Moscou. Les Russes l'appellent BUK, l'Otan l'appelle le Grizzly. Ces missilles font cinq mètres de haut, volent à plus de 1.000 mètres par seconde et peuvent atteindre des objectifs jusqu'à 40 kilomètres. Ce système ne passe pas inaperçu et s'il a été utilisé, on pourra savoir d'où il est parti. ### Certaines compagnies continuaient à survoler la zone Plusieurs compagnies asiatiques avaient décidé de ne plus survoler l'Ukraine pour des raisons de sécurité. C'ets le cas des deux principales compagnies sud-coréennes, Korean Air et Asiana, également de l'australienne Qantas et la taïwanaise China Airlines.pouruoi Malaysia Airlines n'a pas, elle aussi, infléchi ses trajectoires. Interrogé sur la question, le Premier ministre malaisien Najib Razak a indiqué que la route avait été déclarée "sûre" par l'organisation internationale de l'aviation civile. Eviter l'espace aérien sur les routes entre l'Europe et l'Asie notamment rallonge la durée de vol et augmente la facture en carburant. Eurocontrol, le gestionnaire de l'espace aérien européen, a annoncé qu'il rejetterait désormais "tous les plans de vol comportant les routes" aériennes survolant l'est de l'Ukraine. Très rapidement, la France a demandé aux compagnies aériennes de ne plus survoler l'espace aérien ukrainien. Vendredi matin, les autorités ukrainiennes ont annoncé la fermeture de l'espace aérien au-dessus des régions de Donetsk et de Louhansk, et partiellement fermé au-dessus de celle de Kharkov.
Infographie activité anti aérienne ukraine
Infographie activité anti aérienne ukraine © Ide
### Emotion de la communauté internationale François Hollande a demandé que "tout soit mis en oeuvre pour faire la lumière sur les circonstances qui ont provoqué le crash". Le Premier ministre britannique David Cameron a convoqué vendredi une réunion interministérielle de crise. Barack Obama a parlé d'une "terrible tragédie" et a proposé l'aide des Etats-Unis pour enquêter sur les causes de ce crash. Quant au premier ministre néerlandais Mark Rutte, il s'est dit "profondément choqué" par cette nouvelle dramatique : > Une nouvelle difficilement concevable, je suis dévasté. Il faut que toute la lumière soit faite sur cette catastrophe. Alors qu'au moins 154 Néerlandais, ont trouvé la mort dans le crash du vol MH17, les proches ont été emmenés dans un hôtel pour être prises en charge **Sandy Dauphin était à l’aéroport d’Amsterdam hier soir**
Invité ce matin de France Inter, Camille Grand, directeur de la Fondation pour la recherche stratégique, a expliqué que le conseil se sécurité de vendredi soir devrait être "le théâtre d’une vraie bataille diplomatique", notamment autour de la Russie. ►►►**POUR ALLER PLUS LOIN** **| [Les précédents avions civils abattus](http://www.franceinter.fr/depeche-crash-en-ukraine-les-precedents)**
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