Un partisan de la russie et son drapeau soviétique devant le parlement à Simféropo
Un partisan de la russie et son drapeau soviétique devant le parlement à Simféropo © Radio France

Le parlement de la région autonome de Crimée a voté jeudi son rattachement à la Russie, une décision qu'il soumettra à référendum le 16 mars.

Pour qu’il y ait un semblant de démocratie, les députés ont également voté la tenue d’un référendum le 16 mars sur cette question.

La question posée à la population sera la suivante : voulez-vous que la Crimée soit rattachée à la Russie ou préférez-vous revenir à la Constitution de 1992 qui prévoit une plus grande autonomie ?

Devant le Parlement, une foule en liesse a salué la décision des députés. Mais contrairement à ce que laisse entendre le pouvoir à Simferopol, le résultat du référendum n’est pas joué d’avance. Le Criméens ne sont pas tous prêts à changer de nationalité.

Alice Serrano, l'envoyée spéciale de France Info en Crimée, est allée à leur rencontre

Certains habitants, pro européens, effrayés, ont pris la décision de quitter leur région.

Combien sont-ils ceux qui refusent le rattachement, on ne le sait pas encore, mais qu'il osent le confier, ou pas -de peur des répercussions- ils semblent nombreux ceux qui ont décidé de quitter laCrimée pour l'Ukraine continentale ou même l'étranger.

Le reportage à Simféropol de Géraldine Hallot

Si on nous rattache à la Russie ceux qui ne parlent pas russe seront opprimés

De leur côté, les Tatars de Crimée, minorité musulmane persécutée et déportée en 1944, sous Staline, qui étaient retournés sur la péninsule après 1991, commencent à fuir par centaines pour rejoindre Lviv, dans l'ouest de l'Ukraine.Les Tatars représentent 12% de la population. Ce possible rattachement à la Russie ravive des plaies douloureuses et aujourd’hui la peur a gagné la communauté qui raconte que certains ont déjà trouvé des croix peintes sur les murs de leurs maisons, ce qui leur rappelle le terribles temps de la déportation.

Des réactions internationales à l'unisson

C'est "une farce, un crime contre l'Ukraine commis par les militaires russes", s'est insurgé le président ukrainien par intérim, Olexandre Tourtchinov et ceci même si le Parlement russen annoncé qu'il respectera le "choix historique" de la Crimée au référendum, dit ce vendredi matin le président de la Douma.

Les Européens ont très mal accueilli la demande de rattachement de la péninsule à Moscou. C'est "un sérieux pas dans la mauvaise direction", a commenté le Premier ministre britannique David Cameron.

Barack Obama au cours d'une conversation téléphonique d'une heure jeudi soir avec le Président Poutine. Lors de ce deuxième entretien téléphonique en six jours entre les deux dirigeants, le président américain a déclaré àson homologue russe que le déploiement militaire de la Russie en Ukraine constituait une violation de la souveraineté et de l'intégrité territoriale de son voisin.

Le Président américai qui a ordonné des restrictions de visas pour "un certain nombre de responsables et d'individus", tenus pour "responsables ou complices de menacer la souveraineté de l'Ukraine" et autorisé des gels d'avoirs, visant potentiellement des responsables russes et ukrainiens.

Les explications de Frédéric Carbonne

Les dirigeants européens ont suspendu les négociations sur les visas avec la Russie et menacé de prendre davantage de sanctions, notamment économiques, si la situation continuait à se détériorer. Des sanctions évoquées par le chef de la diplomatie française.

Laurent Fabius interrrogé sur France Info par Jean Leymarie

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