la crimée va adopter le rouble
la crimée va adopter le rouble © reuters

Le Conseil européen de printemps qui s'ouvre ce jeudi à Bruxelles s'annonce comme un débat sur la ligne à tenir avec la diplomatie russe. Les 28 apparaissent divisés, notamment sur la question de nouvelles sanctions à l'encontre de Moscou.

"Il faut assurer l'unité des Européens", estime un conseiller de François Hollande, pour qui les chefs d'Etat et de gouvernement ne peuvent afficher une mésentente dont la presse et le président russe Vladimir Poutine feraient leurs miel. Il a annoncé également l'annulation du sommet UE / Russie.

"Tout dépendra de la position des grands pays et en particulier de l'Allemagne", analyse Christian Lequesne, directeur de recherches au Centre d'études et de recherches internationales (CERI), joint par Bertrand Gallicher.

Réagissant aux premières crispations, le président du Conseil européen, Herman Van Rompuy, et celui de la Commission européenne, José Manuel Barroso, ont déjà averti les Etats membres de l'importance d'une "réponse européenne unie".

La question des sanctions commerciales divise

Les précisions de Delphine Simon à Bruxelles

Si un consensus semble se dégager pour élargir la liste des 21 personnalités ukrainiennes et russes dont les déplacements dans l'Union seront interdits et les avoirs gelés, les Européens restent divisés à la fois sur la question des sanctions commerciales et les secteurs économiques à frapper.

"Il n'y aura pas d'impunité", promet Peter Ricketts, l'ambassadeur de Grande-Bretagne à Paris, au micro de Bertrand Gallicher.

Si le Conseil ne devrait pas annoncer de sanctions commerciales effectives, son but est néanmoins d'arriver à un accord européen sur leur nature si la situation continue à se dégrader et qu'elles se révèlent nécessaires.

"L'expérience a montré que la simple volonté de dialogue est nécessaire mais ne suffit pas, cela doit être accompagné de fermeté", résume-t-on dans l'entourage du chef de l'Etat.

Londres ne veut pas affaiblir la City

Mais de la Finlande, qui partage 1.300 km de frontière et un passé conflictuel avec la Russie, à Chypre, dont le système bancaire dépend fortement des Russes, quasiment chaque pays de l'UE a des raisons de craindre pour ses intérêts particuliers.

"Il faut partager le fardeau", estime-t-on à l'Elysée. La Grande-Bretagne prône la fermeté mais de nombreux oligarques russes sont installés à Londres et la diplomatie britannique ne veut pas affaiblir la City.

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Pour la France, les échanges avec la Russie se sont élevés à plus de 18 milliards d'euros en 2013 et elle serait la plus exposée à un embargo sur les ventes d'armes vers la Russie.

L'embarras de Paris sur ce dossier est illustré par le contrat des deux navires porte-hélicoptères Mistral à la Russie, une commande qui représente 1,2 milliard d'euros et environ un millier d'emplois pour les chantiers navals de Saint-Nazaire.

Hervé Morin, ancien ministre de la Défense, était l'invité du journal de 13h de Claire Servajean

Un embargo sur le gaz russe ?

La question d'un embargo sur le gaz russe est tout aussi délicate car les Européens ont des dépendances extrêmement variées à cette énergie venant de l'Est.

Un tiers du gaz consommé en Europe vient de Russie. Comment réduire cette dépendance ? Eléments de réponse avec Pierre Bénazet.

"Le gaz est l'une des pistes pour donner les signaux nécessaires", reconnaît-on à l'Elysée en confirmant que les Européens se penchent déjà sur les moyens techniques de pallier les importations et d'alimenter l'Ukraine qui en est dépendante.

"Si l'UE veut mettre tout son poids dans la balance, arrêter les importations de gaz de la Russie serait un signal puissant avec des conséquences limitées à long terme", estime le chercheur Georg Zachmann dans un article publié sur le site du cercle de réflexion européen Bruegel.

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