La flotte russe de la mer Noire a sommé les forces ukrainiennes présentes en Crimée de se rendre mardi matin. Le président de l'assemblée russe estime qu'une intervention de l'armée n'est "pas nécessaire pour le moment."

Une escalade vers la guerre ?

Nul ne cédera la Crimée à quiconque.

Les troupes russes en Crimée
Les troupes russes en Crimée © REUTERS/Baz Ratner / REUTERS/Baz Ratner

Le nouveau Premier ministre ukrainien, Arseni Iatseniouk, a déclaré lundi que l'Ukraine ne céderait jamais la Crimée, rapporte l'agence de presse russe Interfax. Les forces russes ont pris ce week-end le contrôle de laCrimée, péninsule du sud ukrainien qui abrite une partie de la Flotte russe de la mer Noire.

La flotte russe de la mer Noire a sommé les forces ukrainiennes présentes en Crimée de se rendre avant 4h du matin heure française mardi, rapporte l'agence de presse Interfax, citant une source proche du ministère ukrainien de la Défense. L'ultimatum émane d'Alexandre Vitko, commandant en chef de la flotte.

S'ils ne se rendent pas avant 05h00 demain, un véritable assaut sera lancé contre les unités et les divisions des forces armées en Crimée.

Le ministère ukrainien de la Défense n'a pas confirmé l'information et aucune réaction n'a pu être obtenue auprès de l'état-major de la flotte russe. Le président de l'Assemblée russe, la Douma, estime qu'une intervention de l'armée russe n'est "pas nécessaire pour le moment."

Les gardes-frontières ukrainiens ont par ailleurs signalé une concentration de véhicules blindés dans le port de Taman, du côté russe du détroit de Kertch, qui entre la mer Noire et la mer d'Azov sépare la Fédération de Russie de la péninsule de Crimée. Ils ont également fait état de mouvements de navires de guerre russes autour du port de Sébastopol, qui abrite une partie de la Flotte de la mer Noire. A Perevalne, entre Simféropol, capitale de la Crimée, et la mer Noire, des soldats russes encerclent deux bases de l'armée ukrainienne. Dans l'est de l'Ukraine, autre région russophone, des partisans du Kremlin, agitant des drapeaux tricolores de la Fédération russe, ont pris en partie le contrôle du gouvernement régional à Donetsk, ville natale de Viktor Ianoukovitch, en scandant "Viens Poutine !".

Le chef du gouvernement russe, Dmitri Medvedev, a déclaré que Moscou voulait poursuivre son projet de construction d'un pont reliant le territoire russe à la Crimée, péninsule ukrainienne passée sous contrôle russe le week-end dernier. Ce pont doit relier la région russe de Krasnodar, dans le sud du pays, à la Crimée, en mer Noire.

Notre envoyée spéciale Géraldine Hallot a passé l'après-midi à Sébastopol, devant le QG de la marine ukranienne dont le chef hier a fait allégeance à Moscou

►►► EN SAVOIR PLUS | Le Zoom de la rédaction en Crimée

Le vice-président américain Joe Biden a demandé lundi le retrait des forces russes présentes en Ukraine lors d'un entretien téléphonique avec le Premier ministre Dmitri Medvedev, rapporte la Maison blanche. Selon la présidencedes Etats-Unis dans un communiqué :

Le vice-président a exhorté la Russie à retirer ses forces, à se prononcer pour le déploiement immédiat d'observateurs internationaux en Ukraine et à entamer un dialogue politique significatif avec le gouvernement ukrainien.

La situation en Crimée
La situation en Crimée © Radio France

Dans les coulisses de la diplomatie internationale

john kerry insiste pour une résolution forte sur l'arsenal syrien
john kerry insiste pour une résolution forte sur l'arsenal syrien © reuters

Les récentes déclarations du secrétaire d'Etat américain John Kerry au sujet de l'Ukraine étaient assorties de menaces "inacceptables" à l'encontre de la Russie, estime lundi le ministère russe des Affaires étrangères. Invité dimanche de l'émission "Face The Nation" sur la chaîne CBS, le chef de la diplomatie américaine a averti la Russie qu'elle s'expose à de "très graves répercussions" si elle persiste dans son "incroyable acte d'agression" contre l'Ukraine. John Kerry se rendra mardi à Kiev, afin d'afficher le soutien politique et économique de Washington aux nouvelles autorités ukrainiennes

Les sept pays les plus industrialisés (G7) ont condamné dimanche l'intrusion de la Russie en Ukraine et ont annulé les préparatifs du sommet du G8, qui inclut la Russie, et qui devait avoir lieu en juin à Sotchi en Russie, a annoncé la Maison blanche.

Une mission du Fonds monétaire international (FMI) est attendue ce lundi à Kiev où elle engagera des consultations mardi, a-t-on appris auprès d'un responsable de la Banque centrale d'Ukraine. Les nouvelles autorités ukrainiennes estiment que le pays aura besoin d'une assistance financière de 35 milliards de dollars sur les deux prochaines années pour éviter la banqueroute. de son côté, l'OSCE veut envoyer une mission pour enquêter sur les "incidents."

La France n'envisage pas pour l'instant de suspendre ses contrats militaires avec la Russie mais agit pour "stopper par la diplomatie" ce qu'elle considère comme une intervention de Moscou en Ukraine, a déclaré lundi matin Laurent Fabius. De son côté, Washington a annulé des réunions économiques avec la Russie

Dimanche, Barack Obama et les dirigeants du Royaume-Uni, d'Allemagne et de Pologne ont exprimé "leur grave préoccupation" dimanche sur l'intervention de la Russie en Ukraine, qu'ils ont qualifiée de violation du droit international et de menace pour la paix internationale et la stabilité.

L'UE menace de remettre en cause ses relations avec la Russie en l'absence de "désescalade."

La reconquête russe
La reconquête russe © Radio France
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