Le Gabon vit toujours dans l'instabilité depuis la proclamation des résultats de la présidentielle le 31 août et leur contestation par l'opposition à Ali Bongo.

Gabon : affrontements entre opposants à Ali Bongo et militaires
Gabon : affrontements entre opposants à Ali Bongo et militaires © AFP

L'opposant Jean Ping a finalement déposé un recours devant la Cour constitutionnelle du Gabon. Ali Bongo qui s'est autoproclamé président a déclaré que seul un recours devant cette cour pourrait mettre fin à la crise qui sévit depuis dix jours. Il a en effet rejeté toute possibilité d'un recomptage des voix bureau de vote par bureau de vote. Ce recomptage est réclamé par l'opposition et par la France. Devant le chaos, l'Union africaine a annoncé jeudi le report sine die de sa mission prévue le même jour au Gabon.

Jean Ping, le candidat de l'union de l'opposition arrivé juste derrière le président sortant Ali Bongo, selon les résultats annoncés, affirmait que la Cour était inféodée au pouvoir en place. Invité de France Inter, il a déclaré :

Le peuple gabonais est en danger. Si la communauté internationale ne vient pas au secours du Gabon, c'est non assistance à peuple en danger.

►►►ÉCOUTER| L'interview de Jean Ping dans le journal de 13 heures de France Inter le 8 septembre 2016 :

 Dix jours de fortes tensions

  • Dimanche 28 août : le scrutin présidentiel à un tour se tient dans un climat de tensions entre les camps du président sortant et de son principal rival, hier allié, Jean Ping.
Gabon : les électeurs se rendent aux urnes le 28 août
Gabon : les électeurs se rendent aux urnes le 28 août © Reuters
  • Mercredi 31 août : initialement prévus pour le 30, les résultats sont finalement annoncés le 31. Le sortant, Ali Bongo, aurait récolté 49,80% des voix. Jean Ping aurait rassemblé 48,23%.
Gabon : Le sortant Ali Bongo se rend aux urnes
Gabon : Le sortant Ali Bongo se rend aux urnes © Reuters
Gabon : Jean Ping remercie ses supporters
Gabon : Jean Ping remercie ses supporters © Reuters
  • Nuit du 31 août au 1er septembre : des manifestants descendent dans la rue et prennent d'assaut l'Assemblée nationale. Puis le QG de Jean Ping est pris d'assaut par des militaires.

  • Jeudi 1er septembre : des familles recherchent certains de leurs proches, opposants à Bongo, qui ont disparu. Les troubles ont fait "au minimum 50 morts et disparus, a affirmé le coordonnateur de campagne de Jean Ping. Le bilan matériel est très important."
  • Mardi 6 septembre : des observateurs de l'Union européenne font état mardi d'une "anomalie évidente" dans les résultats du scrutin à un tour du 27 août. Selon Ali Bongo "certains (d'entre eux) avaient outrepassé leur mission".

Par ailleurs, des audiences de personnes arrêtées ont lieu au tribunal comme le montre sur Twitter l'envoyé spécial de RFI et Radio France:

  • Mardi 6 septembre : le Premier ministre français Manuel Valls confirme les propos de Jean-Marc Ayrault, ministre des Affaires étrangères, affirmant que la France est sans nouvelle d'une quinzaine de ressortissants franco-gabonais. Selon le fils d'Omar Bongo, ces suspects ont été arrêtés parmi des "casseurs" et des "pilleurs". 
  • Mercredi 7 septembre : "Nous sommes encore en train d'évaluer tout ce qu'il y a eu de pillé, de brûlé, de cassé. En ce qui concerne le bilan humain, nous déplorons trois décès et une centaine de blessés", indique Ali Bongo, reprenant le bilan du ministère de l'Intérieur. Selon l'Agence France Presse, sept personnes auraient trouvé la mort. Les médias indépendants sont attaqués. 
  • Jeudi 8 septembre : Jean Ping dépose un recours devant la cour constitutionnelle pour contester les résultats de l'élection qui donnent un peu plus de 5 000 voix d'avance à Ali Bongo.
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