La crise politique au Venezuela est plus vive que jamais, alors que Juan Guaido, chef du Parlement, principal opposant au président en place s'est proclamé chef de l'État par intérim le 23 janvier, reconnu par Donald Trump et plusieurs pays européens. Le président Nicolas Maduro, lui, conserve le soutien de l'armée.

 Le leader de l'opposition vénézuelienne Juan Guaido dans les rues de Caracas aux cotés des manifestants qui protestent contre le président Nicolás Maduro,le 23 janvier 2019
Le leader de l'opposition vénézuelienne Juan Guaido dans les rues de Caracas aux cotés des manifestants qui protestent contre le président Nicolás Maduro,le 23 janvier 2019 © Getty / Edilzon Gamez

Au Venezuela, le président Nicolas Maduro compte toujours sur l'appui de l'armée pour contrecarrer le soutien international apporté au président du Parlement Juan Guaido, autoproclamé la veille "président" par intérim. Ce dernier a été immédiatement reconnu par les États-Unis, leurs alliés dans la région, puis plusieurs pays européens (dont la France) ce lundi, qui réclament une nouvelle élection présidentielle.

Depuis, Nicolas Maduro affronte la tempête, entre images à la télévision au balcon du palais présidentiel pour saluer ses partisans, dénonciation d'un coup d'État de l'opposition, rupture des relations diplomatiques avec les États-Unis et refus d'organiser un nouveau scrutin. "Il y en aura en 2024", tranche le président.

Des exercices militaires sous contrôle présidentiel

Surtout, l'héritier d'Hugo Chavez compte sur le soutien de l'armée, pilier de son régime, à qui il demandait lundi de serrer les rangs. Les militaires vénézuéliens sont un enjeu majeur pour les deux adversaires, puisque Juan Guaido lui aussi tente de les séduire : le président par intérim autoproclamé assure qu'il offrira une amnistie aux militaires qui le rejoignent. Mais pour l'instant, il n'a pas réussi à les convaincre, malgré le soutien d'un général d'armée de l'air qui appelle les soldats à faire défection.

Du côté de la présidence, tout est fait pour afficher (et capitaliser sur) ce soutien de l'armée. Nicolas Maduro supervise depuis plusieurs jours des exercices militaires, pour montrer qu'elle est prête à défendre le pays, ou en tout cas sa place à sa tête.

Saraï Izuarez, journaliste vénézuélienne était l'invitée du 13h de France Inter le 24 janvier. Pour elle, "la clé, maintenant, se trouve dans le secteur militaire", secteur clé pour assurer la défense du régime de Nicolas Maduro. "Juan Guaido a complètement changé de discours envers les militaires. Il les a invités, pas seulement à ne pas agresser la population, mais aussi à aider et à défendre la Constitution et il leur a proposé une loi d'amnistie."

Selon la journaliste, plus largement, "le soutien des classes populaires a été perdu par les chavistes suite à la situation terrible de pénurie, de manque de nourriture, de médicaments... Toutes ces problématiques sont vécues de la même façon par les Vénézuéliens. Maduro a réuni tout le monde dans les files d'attente."

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