[scald=61103:sdl_editor_representation]AJDABIAH, Libye (Reuters) - D'importants stocks de munitions abandonnés par l'armée de Mouammar Kadhafi restent sans surveillance dans l'est de la Libye et les nouvelles autorités libyennes avancent des raisons budgétaires pour expliquer cette situation qui inquiète la communauté internationale.

Des journalistes étrangers qui ont pu se rendre durant le week-end à Ajdabiah et à Benghazi, la capitale de la Cyrénaïque, ont pu voir un dépôt de munitions non gardé où sont entreposés, intacts, des milliers de roquettes, de mines, d'obus et même deux torpilles de fabrication italienne.

Près de Benghazi, une seule sentinelle surveillait un autre dépôt, composé d'abris bétonnés s'étendant de place en place jusqu'à l'horizon.

Le Conseil national de transition (CNT) au pouvoir s'est engagé à assurer la sécurité de ces dépôts, pour éviter notamment que les munitions ne tombent aux mains de groupes islamistes ou de fidèles irréductibles de l'ancien "Guide" tué le 20 octobre près de Syrte.

"Bien sûr que c'est dangereux. Nous sommes inquiets mais il n'y a aucune raison de paniquer", a déclaré samedi le porte-parole du CNT, Djalal el Galal.

"Il faut de l'argent pour assurer la garde de tous ces sites. Nous vendons du pétrole, pas assez pourtant pour pouvoir surveiller les dépôts. Ce qu'il faut, c'est que tous les fonds libyens à l'étranger gelés pendant le soulèvement soient débloqués", a-t-il ajouté.

"Quand ces fonds auront été débloqués, nous pourrons payer les salaires et envoyer des gardes dans les dépôts."

Certaines des munitions entreposées sans surveillance sont des projectiles pour armes lourdes, mais il y a aussi des mines et des obus de mortier plus aisément utilisables.

Dans le centre de Benghazi, après les prières du vendredi, on peut facilement acheter des armes légères. Un fusil d'assaut se négocie à partir de 1.100 dinars (900 dollars).

Brian Rohan, Guy Kerivel pour le service français

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