Le New York Times vient de révéler dans une enquête la manière dont s'y prend le groupe Etat Islamique pour recruter des djihadistes prêts à commettre des attentats.

Le groupe Etat Islamique possède une cellule spéciale chargée de recruter des djihadistes prêts à commettre des attentats
Le groupe Etat Islamique possède une cellule spéciale chargée de recruter des djihadistes prêts à commettre des attentats © Reuters / Stringer

Quatre lettres, EMNI, et une réalité glaçante : c’est l’acronyme d’une cellule du groupe Etat Islamique, une unité spéciale dédiée à la planification d'attentats à l'étranger.

C’est ce que révèle une enquête du New York Times. Le quotidien américain a pu consulter des milliers de documents d’interrogatoire, et a récolté le témoignage d’un homme revenu de Syrie, et emprisonné en Allemagne.

Témoignage et documents vont dans le même sens : on y apprend comment les volontaires, lorsqu'ils arrivent en Syrie, sont d'abord parqués à la frontière et interrogés sur leurs antécédents.

Selon leur profil, certains sont alors approchés par cette cellule. On leur demande alors de ne pas rester en Syrie pour y combattre, et on leur explique qu'ils seront bien utiles dans leur pays d'origine pour y commettre des attentats.

Entraînement intensif et de courte durée pour ne pas éveiller les soupçons

L'homme interrogé raconte ainsi qu'en avril 2015, l'EMNI recherchait prioritairement des Allemands et des Britanniques. Mais il rapporte aussi, détail glaçant, que les recruteurs rient aux larmes lorsqu'ils parlent des Français, tant ils sont confiants sur le nombre de volontaires déjà prêts sur place.

Ces hommes sont soumis à un entraînement intensif, mais très court : il ne faut pas que la durée de leur absence hors de leur pays d'origine soit suspecte. Les informations recueillies par le New York Times permettent aussi de dresser le profil type recherché par Daesh : en priorité des personnes en lien avec la délinquance, qui peuvent déjà s'appuyer sur des réseaux pour fournir armes et faux papiers.

Ils sont aussi chargés de radicaliser des néoconvertis sans lien avec la mouvance radicale, afin qu'ils servent d'intermédiaire avec les opérationnels, une façon de ne pas attirer l'attention des services de renseignement.

Les auteurs des attentats du Bataclan, de Sousse, du Bardo ou de Bruxelles, seraient ainsi des produits de cette cellule, dont la stratégie est de terroriser l'occident par des attaques apparemment isolées et imprévisibles, alors qu'elles sont en fait bien plus liées qu'il n'y parait.

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