Les autorités syriennes ont accepté de placer leur arsenal chimique sous contrôle international, conformément à la proposition russe qui pourrait permettre d'éviter des frappes occidentales, rapporte mardi l'agence de presse Interfax citant le ministre syrien des Affaires étrangères Walid al Moualem.

Il a déclaré au président de la Douma :

Nous avons eu hier un cycle de discussions très fructueux avec le ministre des Affaires étrangères Sergueï Lavrov qui a proposé une initiative relative aux armes chimiques. Et, dans la soirée, nous nous sommes entendus sur l'initiative russe.

Damas a donné son aval parce que cela "rend caduque toute justification à une agression américaine", ajoute Interfax.

Le projet de résolution français avorté ?

paris présente une résolution à l'onu sur les armes chimiques syriennes
paris présente une résolution à l'onu sur les armes chimiques syriennes © reuters
La France doit présenter aujourd'hui au conseil de sécurité de l'Onu un projet de résolution sur le contrôle et la destruction des armes chimiques syriennes. Elle suit ainsi les préconisations de la Russie, qui souhaite éviter toute intervention militaire. Pour Laurent Fabius, le ministre français des Affaires étrangères, ce texte prévoira des conséquences "extrêmement sérieuses" en cas de violation par la Syrie des conditions qui y seront énumérées. > La France déposera donc une résolution devant le conseil de sécurité des Nations unies en ce sens et la procédure sera engagée aujourd'hui même. Il faut prendre la perche qui est tendue, mais il ne faut pas tomber dans un piège.
Le texte reprendra les conditions posées dès lundi par la France dans un communiqué : condamnation du massacre du 21 août "commis par le régime syrien", contrôle international et destruction de l'arsenal chimique syrien, mise en place d'un dispositif complet d'inspection et de contrôle de ces obligations sous l'égide de l'organisation internationale d'interdiction des armes chimiques. La France demande aussi des "conséquences extrêmement sérieuses en cas de violation par la Syrie de ses obligations" et des sanctions "contre les auteurs du massacre chimique du 21 août devant la justice pénale internationale". "C'est à l'acceptation de ces conditions précises que nous jugerons", a conclu le chef de la diplomatie française. En attendant, "toutes les options restent actuellement sur la table", y compris l'option militaire, a-t-il dit. ### Sortie de crise ou coup de bluff ? Aux Etats-Unis, [la proposition russe a été accueillie plutôt favorablement par Barack Obama](http://www.franceinter.fr/depeche-syrie-mefiance-sur-la-proposition-russe). Mais le président américain n'est pas totalement convaincu. > Ce pourrait être potentiellement une avancée importante. Mais nous nous devons d'être sceptiques parce que ce n'est pas la manière dont nous avons vu fonctionner le pouvoir syrien ces deux dernières années. _La balle semble désormais plutôt dans le camp de l'Onu. Les explications de Frédéric Carbone à Washington._
Pour laisser le temps aux élus d'étudier la proposition russe, le chef de la majorité démocrate au Sénat, Harry Reid, a repoussé le vote du Sénat sur l'autorisation de frappes américaines, en représailles à l'attaque chimique du 21 août dernier près de Damas. Il était prévu mercredi. L'opposition syrienne parle d'une "manoeuvre politique" du pouvoir de Bachar al-Assad. Pour l'instant, la Syrie n'a pas clairement dit si elle se plierait à la proposition russe.
Des armes chimiques en Syrie
Des armes chimiques en Syrie © Radio France
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