Toujours inflexible face aux manifestations au Nicaragua, qu'il dirige depuis 2006, le président de 72 ans dénonce "des pratiques terroristes" et a renouvelé sa confiance dans son armée, issue de la guérilla qui l'avait amené pour la première fois au pouvoir en 1979.

Daniel Ortega (président) et son épouse Rosario Murillo (vice-présidente) le 19 juillet 2018
Daniel Ortega (président) et son épouse Rosario Murillo (vice-présidente) le 19 juillet 2018 © AFP / Marvin Recinos

Pour les ONG, les manifestations qui se succèdent au Nicaragua depuis trois mois ont fait plus de 300 morts, et 2.000 blessés. Pour Daniel Ortega, qui dénonce une politisation de ces organisations, le bilan officiel est de "195 décès". Le président dénonce le fait que son pays soit "soumis à la terreur", et qu'on y "enlève des citoyens, enlève des policiers, enlève des femmes, des jeunes, pour les torturer".

L'opposition a évidemment une toute autre version, et évoque "des menaces, des arrestations arbitraires, des disparitions, des habitations d'opposants vandalisées et brûlées". Mais il est parfois difficile de rattacher toutes ces exactions directement au président Ortega, et encore moins à l'armée du pays, qui s'est engagée à ne pas réprimer les manifestations et appelle à la fin des violences.

L'armée, impossible médiateur ?

La répression est en fait menée par la police mais aussi par des paramilitaires, de manière non-officielle. Daniel Ortega évoque des "policiers volontaires", sous-entendant qu'ils agissent de leur propre chef (sans pour autant condamner leurs actions). Les ONG, elles, l'implorent de dissoudre ces groupes paramilitaires.

Des voix réclament aussi l'intervention de l'armée contre ces mêmes groupes... Sans grand espoir, puisque certains habitants affirment que des soldats et des ex-militaires sont aussi présents lors des interventions des forces de l'ordre. De plus, l'armée nicaraguayenne est issue de la guérilla du FSLN, qui a permis de renverser le dictateur Anastasio Somozo en 1979, et de porter pour la première fois au pouvoir Daniel Ortega.

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