David Cameron plaide pour une intervention élargie en Syrie
David Cameron plaide pour une intervention élargie en Syrie © MaxPPP

Le Premier ministre britannique David Cameron a appelé ce jeudi le Parlement à soutenir des frappes contre le groupe djihadiste État islamique en Syrie.

Deux semaines après les attentats de Paris, qui ont provoqué une onde de choc au Royaume-Uni, David Cameron veut engager davantage son pays dans la guerre menée par la coalition internationale, en Syrie et en Irak. Le Royaume-Uni mène depuis un an des frappes aériennes contre le groupe Etat Islamique en Irak. Dans le viseur du dirigeant britannique : la Syrie.

Il a fait cette promesse à François Hollande, lundi. Une majorité au Parlement lui permettrait de l’honorer.

Nous devons frapper ces terroristes au coeur maintenant (David Cameron)

Le premier ministre britannique n’a pas annoncé de calendrier pour la tenue d'un vote. Ce vote devrait toutefois intervenir avant le 17 décembre, date à laquelle la session parlementaire sera suspendue pour les congés de fin d'année. Certains observateurs pensent même que le vote pourrait se tenir beaucoup plus tôt, dès la semaine prochaine.

Pas question de "sous-traiter sa sécurité à d'autres pays "

David Cameron a insisté sur l’urgence de la situation et l’importance, selon lui, d’une intervention militaire ciblée : "C'est à Raqa (bastion de l'EI en Syrie) que certaines des principales menaces contre ce pays sont planifiées et orchestrées", a-t-il mis en garde, affirmant que les sept attentats déjoués par les services de sécurité britanniques au cours des 12 derniers mois étaient "liés ou inspirés" par l'EI.

Pour David Cameron, le Royaume-Uni ne peut pas "sous-traiter sa sécurité à d'autres pays ".

"Les risques de l'inaction sont plus importants que les risques de l'action "

Le dirigeant britannique craignait de ne pas avoir l'aval de la majorité de l'assemblée, qui en août 2013 lui avait infligé un camouflet en votant contre de telles frappes en Syrie, contre le régime de Bachar al-Assad cette fois.

Mais aujourd'hui "les risques de l'inaction sont plus importants " que les risques de l'action, a fait valoir le dirigeant britannique. "Le danger s'est intensifié au cours des dernières semaines ", a-t-il encore dit, rappelant les attentats du 13 novembre à Paris, qui ont fait 130 morts et des centaines de blessés.

Si nous n'agissons pas maintenant quand notre allié, la France, a été attaqué de cette façon, nos alliés auraient le droit de demander: si (vous ne le faites) pas maintenant, alors quand ? (David Cameron)

Pas de soldats au sol

David Cameron l’a promis : une action militaire britannique en Syrie serait limitée à des frappes aériennes et il n'y aura pas de soldats au sol. Volonté de rassurer un Parlement britannique, toujours traumatisé par l'intervention en Irak.

Et justement, le Premier ministre britannique promet. Cette intervention viendrait s'inscrire dans une stratégie globale de résolution du conflit syrien pour éviter un effondrement de l'État comme cela a été le cas après la guerre en Irak.

"Une solution diplomatique et politique est essentielle sur le long terme ", a-t-il déclaré, insistant sur la transition politique et l'action humanitaire, pour finir de convaincre les députés.

Plusieurs députés travaillistes ont déjà fait savoir qu'ils comptaient voter en faveur des frappes malgré l'opposition de leur leader Jeremy Corbyn. L'opinion, elle aussi, semble prête même si certains experts estiment qu'une intervention britannique pourrait accroître le risque d'attentats au Royaume-Uni.

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