Teodoro Obiang, président de la Guinée Équatoriale, fête ce samedi ses 40 ans au pouvoir. C'est un record mondial de longévité, hors monarchie. Pourtant, la compétition est rude sur le continent.

Téodoro Obiang fête ses 40 ans au pouvoir. C'est un record de longévité pour un chef d'état en exercice.
Téodoro Obiang fête ses 40 ans au pouvoir. C'est un record de longévité pour un chef d'état en exercice. © AFP / PIUS UTOMI EKPEI

En 1979, quand Teodoro Obiang arrive au pouvoir, le monde prend une claque cinématographique avec "Apocalypse Now" de Francis Ford Coppola. Musicalement, la passion est moins avouable avec les pas de danse enflammés sur "Born to be alive" de Patrick Hernandez. C'est une autre époque, celle de la France de VGE qui applaudit la victoire de Bernard Thévenet sur les routes du Tour.

De ce monde englouti, il reste Teodoro Obiang, immuable président de Guinée Équatoriale. En 1979, il arrive au pouvoir par les armes. Il renverse son oncle. Depuis, il reste accroché à son poste, qu'il a consolidé par de puissants services de renseignements… de peur d'un coup d'État. À 77 ans, il a donc passé plus de la moitié de sa vie à la tête de ce pays d'Afrique centrale. En bon père de famille prévoyant, il envisage de céder le pouvoir un jour à son fils, Teodorin.

Les présidents camerounais et ougandais sur les autres marches du podium 

Le camerounais Paul Biya a commencé son septième mandat et sa 38e année à la présidence. Il a effectué son "stage de président" comme Premier ministre pendant sept ans. Sa succession ne semble pas être un sujet d'inquiétude pour lui, comme s'il ne semblait pas l'envisager à 86 ans.

En Ouganda, Yoweri Museveni est l'homme fort depuis 33 ans. Son premier mandat remonte en 1986. Ce qui lui permet de s'offrir le privilège d'un bonus. La limite d'âge pour la présidence a été abolie dans la Constitution. À 74 ans, il sera candidat à l'élection programmée en 2021. Le suspens n'étant pas le fort de la politique ougandaise, seul un problème de santé majeur le priverait d'un nouveau mandat.

Kadhafi et Bongo, champions de la longévité sur le continent

Il y a en Afrique six présidents arrivés au pouvoir il y a au moins vingt ans. Ils étaient près du double il y a encore quelques années.

Le printemps arabe de 2011 a dans un premier temps épuré la longue liste des despotes inamovibles. Le tunisien Ben Ali (22 ans au pouvoir), puis Hosni Moubarak en Égypte (30 ans) et enfin le champion de longévité sur le continent africain, le Libyen Mouammar Kadhafi, 42 ans à la tête de ce riche État. Le jeune et fougueux militaire, qui aimait tant son visage de jeune homme au point de le faire imprimer sur les billets de banque, est arrivé à la tête de la Libye en 1969… quand Neil Armstrong et Buzz Aldrin marchaient sur la Lune.

Au Gabon, Omar Bongo a lui aussi passé 42 ans à la tête du pays, mais lui a préparé la suite, puisque c'est son fils qui a été élu. Mais depuis seulement 10 années, ce qui à l'échelle de la famille Bongo est un début de carrière.

Ceux qui - contre toute attente - ont quitté le pouvoir avant leur mort 

Ensuite, l'alternance démocratique s'est propagée en Afrique. Des chefs d'État que l'on pensait indéboulonnables sont partis, contraints certes, mais ils ont quitté le pouvoir malgré tout : au Zimbabwe Robert Mugabe (30 ans au pouvoir), Blaise Comparé au Burkina Faso (27 ans) et l'Algérien Abdelaziz Bouteflika, poussé à la porte par la rue au terme de plusieurs journées de manifestations pacifiques (20 ans au pouvoir).

Dernier en date à avoir dû quitter un pouvoir qu'il avait taillé pour son unique stature : le soudanais Omar El-Béchir. La rue, là encore, à force d'abnégation a obtenu l'impossible : mettre le tyran de Khartoum derrière les barreaux après 26 ans de mainmise sur le pays.

En République Démocratique du Congo, c'est une élection qui a mis fin à la dynastie présidentielle, celle des Kabila père et fils, qui à eux deux ont cumulé 22 années aux affaires.

La présidence à vie dans leur ligne de mire

C'est sûrement l'objectif d'Idriss Déby, ami de la France (qui a su par le passé le protéger), qui va célébrer l'an prochain ses 30 ans comme président du Tchad.

L'Érythrée, depuis son indépendance en 1993, n'a connu qu'un seul président, Isaias Afwerki. Pour cause : il n'y a pas eu d'élection depuis. Enfin, l'un des plus discrets mais l'une des mains les plus fermes du continent, Sassou N'Guesso président de la république du Congo depuis 22 ans (auxquels il faut ajouter 13 ans de présidence du temps où le pays s'appelait la République Populaire du Congo), et qui écrase toute opposition.

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