L'aide se réduit comme peau de chagrin dans les provinces de Syrie aux mains des rebelles. Une délégation de médecins syriens était à Paris mardi 13 juin pour l'expliquer.

Un infirmier ajuste la perfusion d'un patient dans un hôpital en Syrie
Un infirmier ajuste la perfusion d'un patient dans un hôpital en Syrie © AFP / DELIL SOULEIMAN

Ils sont une des figures de la résistance en Syrie : les médecins des provinces tenues par les rebelles se préparent au pire avec toujours moins de moyens. Une délégation de docteurs syriens est venue à Paris, mardi 13 juin, pour alarmer la communauté internationale. Soutenus par des ONG américaines et syriennes de secours médicaux, ces médecins ont une semaine pour faire la tournée des capitales européennes, réclamant des fonds, des aides.

Depuis la bataille d'Alep, plusieurs dizaines de milliers de déplacés ont trouvé refuge dans la province d'Idlib, frontalière de la Turquie, notamment après la bataille d'Alep, dont la partie orientale a été reprise début 2016 par les forces gouvernementales. "La situation à Idlib est très compliquée. Beaucoup d'organisations ont mis fin à leur aide", regrette Farida, gynécologue-obstétricienne. Le médecin explique cette diminution des donations par la durée du conflit, notamment :

La guerre dure depuis si longtemps, la révolution entre dans sa septième année. La communauté internationale aide seulement pour les urgences, pour une courte période.

"Dieu m'a donné la science pour aider les autres"

Farida est la dernière gynécologue-obstétricienne d'Alep-Est, évacuée vers Idlib cette année. "J'étais la seule femme. Je me devais d'être là parce qu'il y a de nombreuses femmes qui ne veulent pas aller voir un médecin si c'est un homme. Dieu m'a donné la science pour aider les autres, pas pour m'échapper." Farida estime que Bachar el-Assad "c'est le diable" et que ce sont les rebelles qui sont dans leur bon droit.

►ÉCOUTER | "Ces gens n'ont aucun principe. Ils pourraient vivre avec le diable, tant qu'ils se sentent en sécurité", le Grand Angle de Claude Guibal auprès des médecins d'Idlib :

En tant que médecins nous avons du poids. Nous n'abandonnerons jamais car si nous abandonnons maintenant, peut-être que beaucoup de gens abandonneraient avec nous.

Les médecins d'Idlib se préparent au pire

Farida et son mari Abdelkhader, ophtalmologue, le savent, l'avenir est sombre. Pendant que les forces de la coalition combattent le groupe État islamique à Raqqa, le régime syrien concentre ses attaques sur Deraa et la Ghouta. Mais après "ça va être notre tour". Trois millions de personnes à Idlib se préparent à cet assaut. Pour faire face à un nouveau siège, Farida et Abdelkhader expliquent avoir mis en place de nombreux projets médicaux. "Nous sommes en train de construire un hôpital souterrain. Il sera bientôt prêt. Nous faisons des réserves de médicaments". Ils réclament de quoi réagir à une attaque chimique, des formations pour former du personnel médical.

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